De nombreuses zones d'ombre planent sur le dossier Musulin

JUSTICE Le convoyeur de fonds Toni Musulin est jugé mardi pour le vol de 11,6 millions d'euros...

A Lyon, Carole Bianchi
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Face aux enquêteurs, Toni Musulin est resté muet. Il reconnaît le vol du fourgon, mais affirme ne pas savoir où se trouve le butin manquant, soit 2,5 millions d’euros. Ses explications sont donc très attendues aujourd’hui car le dossier comporte encore plusieurs zones d’ombre. «Nous ne savons pas s’il va parler, c’est le grand mystère», note toutefois sa défense. Voici les principaux points qui doivent être soulevés.

-Le montant exact du butin. Les avocats de Toni Musulin assurent que le montant du butin annoncé par Loomis et les enquêteurs est différent. Le caissier de la banque de France ayant remis l’argent à Toni Musulin le jour du vol est cité comme témoin. Une reconstitution est également demandée pour savoir si le convoyeur a pu partir avec 2,5 millions d’euros dans le top-case de sa moto.

-Où est allé Musulin pendant sa cavale? Il affirme s’être rendu à Turin, Naples puis Rome avant d’aller à Monaco. Mais le compteur de la moto avec laquelle il s’est enfui affiche un kilométrage bien supérieur à ce périple.

-Pourquoi s’est-il rendu aux autorités monégasques? «Il a choisi Monaco pour des raisons personnelles, affirme sa défense. Il le dira s’il le souhaite.»

-A-t-il des connexions avec la Serbie, où il a encore de la famille? L’affaire de la tentative d’escroquerie à l’assurance pourrait éclairer ce point. Toni Musulin affirme s’être fait voler sa Ferrari en Savoie, mais l’enquête démontre qu’il s’est rendu en ex-Yougoslavie en mai 2009 avec sa voiture et qu’il serait revenu en bus. L’original de son bulletin de paie prouve qu’il travaillait à cette période. 

-La peine encourue. Toni Musulin encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement pour le vol des 11,6 millions d’euros et la tentative d’escroquerie à l’assurance. Si le tribunal prononce cette peine, il n’aura pas d’indemnités à payer. En revanche, si les juges le condamnent à une « peine mixte », c’est-à-dire de la prison et du sursis, il sera obligé de dédommager Loomis.