Les SDF ont des droits et ils les font valoir

JUSTICE Trois familles de SDF ont saisi le tribunal administratif après avoir été remis à la rue au printemps...

S.B.

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La fin de l'hiver signe le retour à la rue pour nombre de SDF. «Illégal, peut-être», a estimé le tribunal administratif de Lyon, saisi en référé par trois familles sans abri qui, au cours du mois d'avril ont dû quitter, avec leurs enfants, les foyers ou chambres où elles étaient hébergées jusqu'à présent.

Or, cette « remise à la rue » est contraire à une disposition de la loi Dalo qui prévoit de maintenir dans les structures d'urgence les SDF tant qu'une solution pérenne ne leur est pas proposée.

La remise à la rue des SDF est contraire à la loi Dalo

Dans une ordonnance rendue le 1er mai, le juge a ainsi suspendu la décision de la préfecture de mettre fin au dispositif hivernal de mise à l'abri, en raison «d'un doute sérieux quant à la légalité de [cette] décision». Et a ordonné aux services de l'Etat de reconsidérer la situation de ces familles sous quarante-huit heures.

Ce qui n'avait toujours pas été fait jeudi, selon leurs avocats et les associations qui les soutiennent. «Malgré plusieurs appels au 115, aucun hébergement ne leur a été proposé», regrette Me Frédérique Penot, qui s'apprête à mettre en demeure les services de l'Etat de respecter la décision de justice. Sollicitée, la préfecture du Rhône n'a pas souhaité réagir.

Lundi encore, 204 sans-abri qui ont contacté le 115 sont restés sans solution pour la nuit, «sans compter tous ceux, découragés, qui n'appellent même plus», remarque Baptiste Meneghin, du Réseau des professionnels engagés auprès des SDF.