les refus de logements passés à la loupe dans le Rhône

— 

Difficile de croire qu'après des années d'attente, un ménage mal logé refuse un appartement qui lui est proposé. Et pourtant. Depuis début 2008, 29 % des personnes ayant vu leur recours Dalo accepté en Rhône-Alpes ont refusé la proposition qui leur était faite. Intriguée par ce taux important, la mission régionale d'information sur l'exclusion (Mrie) a lancé une étude dans le Rhône. Et a déjà analysé, en lien avec le service interadministratif du logement, 40 dossiers sur les 200 ayant abouti à un refus. « Nous allons désormais interroger une vingtaine de ménages pour comprendre leurs motivations », précise le directeur de la Mrie Rhône-Alpes, Bruno Lachnitt. Mais avant même d'avoir achevé cette étude, dont les résultats seront connus cet été, la Mrie a déjà une petite idée sur la question. « Ils attendent depuis tellement longtemps que lorsqu'il s'agit de répondre sous quinze jours à l'offre qui leur est faite, ils ont peur. Ils savent qu'ils en prennent pour des années avant de pouvoir bouger ailleurs », ajoute le directeur, qui prône une réintroduction du choix dans l'attribution de logements. « Le marché est tellement saturé, que le seul choix qu'ils aient, c'est d'accepter ou de refuser. Leur seule liberté, c'est de pouvoir dire non », ajoute-t-il. Certains justifient enfin leur refus par la taille ou la localisation de l'appartement proposé, inadapté à leur situation (trop petit, trop loin).E. F.