Le tronçon ouest du périph revient au top

Frédéric Crouzet

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Une réunion au sommet pour relancer un projet au point mort. Les élus du conseil général du Rhône et de la communauté urbaine de Lyon siègent ce soir ensemble à l'auditorium Maurice-Ravel (3e) pour une session extraordinaire consacrée à l'avenir du tronçon ouest du périphérique (TOP). Les deux collectivités doivent financer à hauteur de 2 milliards d'euros ce chaînon manquant du boulevard de ceinture, entre Ecully et Pierre-Bénite, resté des années dans les cartons. Mis en sommeil par le maire de Lyon, Raymond Barre (1995-2001), après l'ouverture catastrophique du périphérique nord Teo, son successeur Gérard Collomb (PS) s'est heurté à l'impossibilité de construire dans les zones à risque Seveso du sud de Lyon.

Ecarter le trafic du centre de Lyon
Il a fallu attendre 2008 pour que l'Etat lève cet obstacle. Mais relancer ce chantier, dont les esquisses remontent à l'ère du tout voiture des années 1970, n'est pas une mince affaire. « Je vais au-devant des pires embêtements avec ce dossier », prédit Gérard Collomb, qui juge le TOP indispensable pour écarter une partie du trafic routier du centre de Lyon. Cet ouvrage, en partie souterrain et à péage, suscite la colère des habitants de l'ouest lyonnais. Les collectifs anti-TOP, très actifs dans les années 1990, reprennent du service en préparant des réunions d'information. Les Verts préféreraient que les deux milliards soient investis dans une amélioration des transports en commun à l'ouest de Lyon, notamment grâce au train. « Il faut définitivement enterrer le TOP », plaide Pierre Hémon, président du groupe des Verts à la mairie de Lyon. Le sénateur-maire UMP d'Oullins, François-Noël Buffet, déplore que le tracé retenu traverse sa commune dans le quartier de la Saulaie. Et défend un tracé alternatif plus long, vers Irigny, pour connecter le TOP à la future autoroute Lyon-Saint-Etienne A 45. Les élus ont cependant encore un peu de temps pour affiner le projet. Les travaux ne sont pas prévus avant 2016.

en date

1958 : ouverture du boulevard Laurent-Bonnevay, premier maillon du périphérique entre Croix-Luizet et Gerland. 1992 : études pour la réalisation du TOP. 1997 : mise en service du périphérique nord Teo, construit et exploité par Bouygues. Tout est fait pour rabattre les automobilistes sur cet ouvrage payant. 1998 : le conseil d'État annule le contrat avec Bouygues. Le Grand Lyon récupère la gestion de l'ouvrage.