La justice reste inerte face à la pollution des fleuves aux PCB

ENVIRONNEMENT Le préfet du Rhône, Jacques Gérault, veut saisir une nouvelle fois le procureur d'Aix-en-Provence, sur ce dossier épineux...

C. B.

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La cartographie des polychlorobiphényles (PCB) dans le bassin Rhône-Méditerranée s'affine. Mais toujours aucune solution de traitement à l'horizon pour ce polluant au pyralène qui plombe les fleuves français. C'est l'un des principaux enseignements du quatrième «comité de pilotage PCB» organisé mardi par le préfet de Rhône-Alpes, Jacques Gérault.

«En l'espace d'un an, trente-quatre nouveaux cours d'eau ou plans d'eau ont ainsi été interdits à la pêche en vue d'une consommation des poissons», a souligné le préfet. Ce qui porte à quarante-cinq le nombre d'interdictions. Sept entreprises ont par ailleurs été mises en demeure pour des rejets de PCB dans les cours d'eau. «Nous voulons passer de l'opacité à la transparence», a-t-il relevé.

"Une catastrophe environnementale"

Alain Chabrolle (Verts), vice-président délégué à la santé et à l'environnement à la région, dénonce cependant l'inertie de la justice face à «cette catastrophe environnementale» qu'il n'hésite pas à comparer au scandale de l'Erika.

«A chaque réunion, des dizaines de kilomètres de fleuves pollués s'ajoutent à la cartographie. C'est un triste bilan. Et nous n'avons aucune nouvelle des plaintes déposées pour cette pollution.» Jacques Gérault s'est engagé à saisir « pour la troisième fois » le procureur d'Aix-en-Provence, où « les plaintes avec constitution de partie civiles » sont examinées.