Immobilier à Lyon : Deux ans après le covid, la « fin de l’exode vers la grande couronne »

LOGEMENT Si l’épidémie de coronavirus avait incité les Rhodaniens à s’exiler à la campagne, les nouveaux acheteurs souhaitent aujourd’hui se rapprocher de Lyon

Caroline Girardon
Les nouveaux investisseurs cherchent désormais à se rapprocher du centre de Lyon.
Les nouveaux investisseurs cherchent désormais à se rapprocher du centre de Lyon. — Laurent Cipriani/AP/SIPA
  • L’exil à la campagne est « une mode » dépassée, selon le président de la FNAIM Rhône.
  • Deux après l’apparition de l’épidémie de coronavirus, l’exode vers la grande couronne de Lyon est désormais révolu, selon la chambre syndicale des agents immobiliers du Rhône.
  • Soucieux de leurs finances, les nouveaux investisseurs ne se ruent plus sur les maisons les plus excentrées, trop coûteuses à la rénovation.

L' « effet Covid » semble bel et bien terminé. Si les différentes périodes de confinement imposées lors de l’épidémie avaient fait naître des envies d’exil vers la campagne, le désir d’être au plus près de la nature est, depuis, retombé. C’est, en tout cas, le constat dressé par les professionnels de l’immobilier dans le département du Rhône.

« C’est clairement la fin de l’exode vers la grande couronne. Les gens commencent à revenir en première couronne et même dans le centre de Lyon », où le prix au mètre carré reste relativement élevé (4.893 euros), observe Nicolas Bouscasse, président de la FNAIM du Rhône, la chambre syndicale des agents immobiliers.

Les raisons sont multiples, à commencer par la nouvelle réglementation sur les normes énergétiques obligeant les propriétaires à réaliser de très onéreux travaux de rénovation « pour se mettre au diapason ». « On a l’exemple d’une maison en pierres dorées dans le Beaujolais qui est classée F. Son propriétaire est obligé de l’isoler. Non seulement, ça va lui coûter un doigt, mais sa maison n’aura plus le même cachet, donc plus la même valeur, explique Nicolas Bouscasse. Aujourd’hui, les gens regardent à deux fois avant d’acheter. »

DPE et manque d’infrastructures

Le DPE, diagnostique de performance énergétique, est en train de « supplanter tous les autres critères », selon les observateurs. Il devient la priorité des acquéreurs et le cauchemar des propriétaires désireux de vendre. « L’écologie devient une problématique. Il n’y a pas assez d’aides à la rénovation et l’inflation va venir stopper ces aides », prédit Nicolas Bouscasse.

L’autre raison incitant les Rhodaniens à revenir s’installer près de Lyon réside dans le manque d’infrastructures des villes et des villages les plus éloignés. « Mettre une demi-heure pour emmener ses enfants à l’école, cela paraît un détail, mais sur le long terme, cela devient pesant et guère gérable, soulève Lilian Baule du bureau Transaction de la FNAIM 69. Si vous n’avez pas de crèches à proximité, de cinéma, de lignes de trains ou de transports en commun, cela devient un problème. »

« L’exode à la campagne a été un phénomène de mode. Le Covid-19 a poussé les gens à habiter plus loin, mais il n’a pas permis aux collectivités de gérer cet afflux », abonde Nicolas Bouscasse.

Aujourd’hui, les acquéreurs restent « très attirés par la première couronne » de Lyon, dans laquelle les prix sont un peu moins élevés. D’autres font le choix de rester en centre-ville, mais d’opter pour des logements différents. Les appartements dotés d’un balcon, d’une terrasse ou d’un jardin extérieur ont le vent en poupe. « On constate également que les appartements avec des jardins partagés sont très demandés. C’est devenu un critère d’achat », observe Nicolas Bouscasse. Autre donnée plus surprenante : les projets de compost dans les résidences sont « un véritable succès » et attirent aussi grandement les acquéreurs.