La rue Garibaldi cherche une nouvelle voie

Frédéric Crouzet

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Les riverains souhaitent deux voies pour la circulation automobile, alors que le Grand Lyon en a prévu trois dans son projet.
Les riverains souhaitent deux voies pour la circulation automobile, alors que le Grand Lyon en a prévu trois dans son projet. — Passagers des Villes

C'est un des projets phare du second mandat de Gérard Collomb (PS) qui sera soumis ce soir au vote des élus du Grand Lyon. Ils vont devoir se prononcer sur le lancement de la concertation du réaménagement de la rue Garibaldi, longue artère nord-sud qui dessert le quartier de la Part-Dieu et traverse trois arrondissements (6e, 3e, 7e). Depuis la fin des années 60, ces trois kilomètres sont devenus une véritable autoroute urbaine, avec jusqu'à cinq voies de circulation et 30 000 véhicules par jour sur certaines portions.
Et des allures de montagnes russes, en raison des nombreuses parties souterraines. « L'objectif est de lui redonner un aspect de voirie urbaine, avec une circulation plus apaisée, des voies réservées aux modes doux, des aménagements paysagers », résume Pierre Abadie, vice-président du Grand Lyon en charge de la voirie. Ce projet, qui devrait coûter au moins 67 millions d'euros et dont les travaux devraient débuter en 2012, prévoit notamment le remblaiement des trémies, la création de nouveaux espaces publics et des trottoirs plus large. Mais ce dossier ne fait pas l'unanimité. Les Verts regrettent notamment qu'au final trois voies soient dédiées à la circulation automobile. « Ça ne nous paraît pas très visionnaire », estime Pierre Hémon, président du groupe des Verts-Europe Ecologie à la mairie de Lyon. La jeune association de riverains Demain Garibaldi demande « une véritable réduction de circulation à deux voies pour retrouver une vie de quartier ». « Mais les études de faisabilité ont montré qu'avec deux voies, on allait transférer 10 000 véhicules sur des voiries secondaires. C'est inimaginable. Et comme le quartier de la Part-Dieu va se développer dans les prochaines années, on risquerait la saturation », indique Pierre Abadie. La phase de concertation, qui doit s'ouvrir à partir du 1er juin, va permettre aux habitants de donner leur avis sur cette question.