Un foyer SDF résiste pour échapper à la rue

elisa Frisullo

— 

Des professionnels de l'urgence sociale dorment dans la rue pour défendre le maintien de leur activité. Depuis lundi, une dizaine de personnels de l'association Régis, aux côtés des plus démunis depuis trente-sept ans, campent devant la mairie du 8e, responsable selon eux de leurs mésaventures. Depuis le mois de janvier, cette association, qui accueille chaque jour au centre Cléberg de Perrache (2e) soixante SDF, occupe à titre provisoire les bâtiments de l'ancienne maternité Montplaisir (8e). Cette occupation aurait dû être pérennisée.

Des dizaines de personnes à la rue
L'Opac du Rhône s'était en effet porté candidat au rachat de ces locaux hospitaliers en vue des les transformer en foyer pour sans-abri et studios étudiants. Mais, sous la pression de certains élus, l'Opac, pourtant en négociation avancée avec le groupe hospitalier Noalys – propriétaire de Montplaisir –, a retiré son offre. L'association Régis, dont le bail à Perrache prend fin ce soir, risque également de voir le foyer du 8e fermer ses portes aujourd'hui. « Notre projet à Montplaisr était soutenu par l'Etat. Mais des élus du 8e ont tout mis en œuvre pour faire échouer notre ­action. Résultat, dès demain, ce sont 120 personnes, dont des nourrissons et des personnes âgées, qui vont se retrouver à la rue », s'inquiète le directeur de Régis, Jérôme Colrat. Sur le site de l'ancienne maternité, des logements et commerces pourraient finalement voir le jour, selon les projets des promoteurs en lice pour le rachat.
Des programmes qui correspondent davantage aux aspirations du maire de l'arrondissement, Christian Coulon. « Mon ambition n'est pas de faire du 8e un ghetto, indique l'élu. Dans le domaine social, le 8e, qui compte déjà plusieurs foyers, en fait déjà beaucoup. Chacun doit prendre sa part. »
Pour apaiser les tensions, le Grand Lyon, qui a reçu hier les responsables de l'association, a proposé de rallonger d'un mois la convention d'occupation des locaux de Perrache (2e). « Mais, tant que nous n'avons pas de trace écrite de cet engagement, nous restons mobilisés. Et puis le 1er mai, nous serons de nouveau sans solution », ajoute Jérome Colrat, qui réclame de sérieuses garanties sur l'avenir du centre d'hébergement. A savoir la mise à disposition d'un lieu pérenne et adapté à l'accueil des plus démunis.

cléberg

L'an passé, le Grand Lyon avait mis ses locaux de Perrache à disposition de Régis, alors déjà sans solution. Mais l'institution envisage de démolir ces bâtiments dans le cadre du projet Confluence.