Les électeurs du Modem n'ont pas répondu à l'appel de Begag

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Il est resté longtemps chez lui avant de rejoindre les militants du Mouvement démocrate. Azouz Begag, chef de file du MoDem en Rhône-Alpes, a essuyé hier soir « un échec cuisant » selon ses propres termes, en recueillant seulement 4,5 % des voix. « On ne s'y attendait pas, on digère le choc », a déclaré l'ancien ministre à l'Egalité des chances. Dans une région qui fut pendant longtemps un bastion centriste – l'UDF a dirigé Rhône-Alpes de 1988 à 2004 –, la contre-performance est notable. « Mais il y a eu trop d'abstention pour en conclure à la fin du centrisme. Nous avons échoué à mobiliser les gens dégoûtés par la politique », lâche l'écrivain. « Nous avons été dès le début assimilés au centre gauche. Mais les électeurs ont préféré un vote utile en se tournant vers le PS ou les écologistes », analyse Dominique Chambon, directeur de campagne. Azouz Begag récolte aussi les fruits d'une campagne tardive et décousue, recevant des coups bas de la part d'adhérents MoDem déçus de ne pas figurer sur les listes. Le manque de moyens financiers a conduit l'écrivain à mener une « campagne décalée ». Il est allé haranguer les électeurs sur les places publiques, juché sur un tabouret. Ce marchepied, acheté 9 €, a été vendu aux enchères sur eBay. Il a été adjugé hier soir à 331 €. Un maigre lot de consolation pour une liste qui n'obtiendra pas le remboursement de ses frais de campagne.F. C.