Nouveau Ménage à trois pour le second tour

Frédéric Crouzet (avec Sandrine Boucher, Élisa Frisullo et Jérôme Pagalou)

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Comme un air de déjà-vu. Il y aura une triangulaire dimanche prochain pour le second tour des élections régionales en Rhône-Alpes. Comme en 2004. L'UMP, le PS, les écologistes et le Front national ont franchi hier soir le seuil des 10 % leur permettant de se maintenir. Avec 27 % des voix, Françoise Grossetête (UMP), chef de file de la majorité présidentielle, arrive en tête. Elle fait cependant un peu moins bien qu'Anne-Marie Comparini en 2004 (31,2 %). Le président sortant Jean-Jack Queyranne n'obtient que 25 % des suffrages, un score en deçà de la moyenne nationale du PS et de son score de 2004 (32,2 %).

La percée des écologistes
Donné grand perdant par les sondages, Bruno Gollnisch parvient à hisser le Front national à 14 %, mais recule de 4 points par rapport aux dernières régionales. La liste Europe Ecologie, emmenée par Philippe Meirieu, fait une véritable percée avec 17,5 % des voix, alors que les Verts s'étaient qualifiés de justesse en 2004 (10,09 %). Présenté comme le futur allié du PS pour le 21 mars, Europe Ecologie avait toutefois fait mieux aux Européennes de 2009 (19,5 %). « Rhône-Alpes tire la France vers l'écologie », s'est réjoui hier soir Philippe Meirieu, ravi de rééquilibrer le rapport de force avec le PS. Il doit retrouver ce matin dès 8 h au Palais de la Mutualité (3e) Jean-Jack Queyranne et les représentants du Front de gauche (6,5 %) pour élaborer la liste et le programme commun du second tour. Les négociations s'annoncent rudes et elles devront être closes mardi. En 2004, les listes PS-Verts étaient arrivées à la dernière minute en préfecture grâce à un coursier à moto. En 2010, Jean-Jack Queyranne (PS) n'est « pas inquiet ». « Cela s'est bien passé pendant six ans. Nous pourrons continuer à construire ensemble pour la région Rhône-Alpes ». Françoise Grossetête, qui a fait « l'union dès le premier tour », n'a pas ce souci. Elle entame sa campagne du second tour dès aujourd'hui, avec un meeting à Lyon ce soir en présence d'Éric Besson.

Convaincre les abstentionnistes
« On a encore des chances. Il faut repartir au combat », a martelé l'eurodéputée devant une cinquantaine de militants hier soir. « Déçue » du résultat du premier tour, par le score élevé du FN comme par la « démobilisation » à droite, elle entend désormais aller convaincre les abstentionnistes, sa seule marge de manœuvre. Face à une gauche qui a obtenu hier près de la moitié des suffrages et un FN en arbitre, ses chances de victoires sont minimes. « Queyranne est en pôle position. Il a une réserve de voix extraordinairement importante », note Gérard Collomb, le maire de Lyon (PS). En 2004, Queyranne avait décroché son premier mandat de président dans une triangulaire similaire.