« je vote pour pouvoir râler après »

carole bianchi

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Le décor : un taux record d'abstention et quelques électeurs courageux. Hier matin, dans la cour de la petite école Ferdinand-Buisson (5e), Chantal, 70 ans, y allait de son analyse sociologique pour expliquer ces isoloirs à demi déserté. « Ce n'est pas compliqué, ce sont les retraités et les jeunes qui veulent du changement. Ils veulent refaire le monde. Moi, j'ai passé l'âge d'y croire, mais l'abstention ne rime à rien ». A l'école Paul-Painlevé, située dans le 3e arrondissement, le plus peuplé de Lyon, les urnes transparentes étaient encore bien vides après 11 h. Selon les assesseurs du bureau de vote, « ce sont les électeurs les plus assidus qui sont venus voter ».

« Un enjeu vraiment important »
Il s'agit donc pour la plupart de citoyens très concernés par l'enjeu local du scrutin. Nombre des personnes interrogées listaient avec aisance les compétences de la région. « Je vote à chaque élection, donc pourquoi pas celle-ci ?, s'interroge Christophe, 42 ans. Grâce à mon travail, je connais bien les champs d'action de l'institution. C'est un enjeu vraiment important. »
Pour Aurélie, 41 ans, arrivée à Lyon il y a un an, le vote est avant tout un devoir civique : « Je vote tout le temps pour pouvoir râler après. » Après avoir épluché les professions de foi, elle a fait son choix, avec un peu plus de difficulté qu'à l'habitude. « Comme les municipales ou les cantonales, ces élections se jouent beaucoup sur la personne. Arrivant de la région parisienne, je ne connaissais pas vraiment les candidats et la campagne ne m'a pas aidée pour cela. »
Car beaucoup de Lyonnais affirment avoir été déçus par la campagne, « jugée inintéressante », voire « pas du tout visible ». Seule exception, Sabrina, lycéenne âgée 18 ans, qui pendant cette campagne, a lu tout ce qu'elle pouvait sur le sujet. « Avant la politique, je m'en fichais. Mais avec la majorité, j'ai eu envie de découvrir le fonctionnement d'une élection. » Voilà de quoi convaincre les abstentionnistes et les pousser à aller voter au second tour.

forte Abstention L'abstention s'élevait en Rhône-Alpes à 56 %, selon la dernière estimation de l'institut TNS-Sofres-Logica. En 2004, 40,15 % des électeurs n'avaient pas voté.