Les neuf enjeux du scrutin en Rhône-Alpes

REGIONALES Ce que veulent vraiment les listes qui se présentent dimanche au suffrage des électeurs

Frédéric Crouzet

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1-Une élection à haut risque pour le FN et Bruno Gollnisch

La chute de la maison Gollnisch? Créditée de 8% dans les sondages, la liste du FN pourrait ne pas être présente pour la première fois au second tour. Et donc ne plus avoir d’élus au conseil régional. Le FN compte aujourd’hui 17 élus à la région, deux fois moins qu’en 1998 quand il avait permis l’élection de Charles Millon (UDF) à la présidence. Une telle contre-performance affaiblirait également Bruno Gollnisch dans sa course au leadership du Front national en 2 011 face à Marine Le Pen. Mais le numéro deux du FN aime à rappeler que son parti est souvent sous-estimé dans les sondages.

2-Queyranne souhaite devancer la droite au premier tour

Président sortant de Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne (PS) brigue un nouveau mandat pour poursuivre «les efforts entrepris» depuis 2004: amélioration des TER, rénovation des lycées... Mais le grand favori du scrutin entend surtout devancer l’UMP pour «donner une bonne leçon à la droite» et pour que les régions assurent un contrepoids à la politique du gouvernement.

3-Campagne nationale pour Lutte Ouvrière et Nathalie Arthaud

Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte Ouvrière et tête de liste en Rhône-Alpes ne s’en cache pas: «LO n’a pas vocation à gérer la région». Le parti trotskiste mène une campagne nationale pour porter la parole des travailleurs et des précaires. Et le parti d’Arlette Laguiller de dénoncer des «régions au service du patronat».

4-Europe Écologie veut s’imposer comme l’autre force de gauche

«En finir avec l’hégémonie du PS». Voilà un des objectifs de la liste de Philippe Meirieu, donnée à 4 points derrière les socialistes dans les sondages. Europe Écologie espère un «vote à gauche qui fasse changer la gauche». L’équipe entend désormais être un partenaire «à parité» du PS pour gérer la région. Et elle a déjà travaillé sur un nouvel organigramme du conseil régional.

5-Le Modem pense déjà à la présidentielle de 2012

François Bayrou a dû beaucoup insisté pour que le MoDem soit présent aux élections en Rhône-Alpes, ancien fief centriste. «Dans le cas contraire, il aurait été en difficulté pour la présidentielle de 2012», analyse un militant MoDem. De désistements en dissensions, la liste dirigée par Azouz Begag a finalement vu le jour. L’écrivain a mené une campagne sans grands moyens, en prêchant sur un tabouret. Décalée, mais peu visible. Avec toutefois quelques postes d’élus possibles en cas d’accord avec le PS.

7-Le Front de gauche pour une dose d’antilibéralisme

Pour le Front de gauche, qui rassemble communistes et alternatifs, l’objectif est clair: obtenir au moins 5% des suffrages pour pouvoir fusionner ses listes avec celles du PS comme en 2004. Conduite par Élisa Martin, conseillère régionale sortante, le Front de gauche (6% d’intentions de vote) espère apporter ainsi une touche d’antilibéralisme dans la gestion de la région par la gauche.

6-L’UMP met en place une nouvelle génération

Sauver les meubles. Tel semble être le credo de la liste de la majorité présidentielle, donnée perdante dans tous les cas de figure au  second tour. Depuis le début de la campagne, Françoise Grossetête (UMP) sait que déboulonner Jean-Jack Queyranne (PS) tient de la mission impossible. Peu connue, ne souhaitant au départ pas être tête de liste, la députée européenne se rassure en répétant qu’elle lance une nouvelle génération de conseillers régionaux en vue des prochaines élections de 2014.

8-Le NPA veut reconstruire «une gauche de combat»

Le Nouveau parti anticapitaliste, emmené par Myriam Combet en Rhône-Alpes, ne se fait guère d’illusions. Difficile de franchir la barre des 10% pour être présent au second tour et avoir des élus. Crédité de 2%, le NPA refuse de s’allier au PS ou Europe Écologie et veut profiter du scrutin pour «reconstruire une nouvelle gauche de combat».

9-Spartacus mise sur le «mécontentement»

La tête de liste Michel Dulac, fleuriste dans le 7e arrondissement de Lyon, a réussi le pari de réunir 172 personnes pour ces régionales. Des inconnus qui se disent «apolitiques» et veulent représenter «le mécontentement et le ras-le-bol» et avoir «un droit de regard sur les finances de la région Rhône-Alpes». Le FN voit dans cette liste un concurrent qui irait chasser sur ces terres pour le compte de l’UMP afin d’éviter une triangulaire au second tour.

HORAIRES

Dans les communes du Rhône, les bureaux de vote seront ouverts dimanche de 8h à 18h. Ils fermeront à 19h à Bron, Caluire, Corbas, Décines, Feyzin, La Mulatière, Meyzieu, Oullins, Rillieux-la-Pape, Saint-Priest, Sainte-Foy, Sathonay Camp, Vaulx-en-Velin, Saint-Fons et Vénissieux. A Lyon et Villeurbanne, on pourra voter jusqu'à 20h.