Thibault Arcis: «Mettre le doute dans l'esprit des gens»

INTERVIEW Cet étudiant en art graphique a mis en ligne la vidéo d'un accident de bus à Lyon avec trois comparses Romain Bourzeix et Thibault Arcis et Marco Pascal. Il s'en explique...

Recueillis par Frédéric Crouzet

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La vidéo était prétendument filmée avec un téléphone portable. Il s’agissait d’un «fake», superbement réalisé en 3D, qui s’est taillé un beau succès sur Dailymotion, Youtube et l’ensemble des médias. Trois semaines plus tard, ils récidivent en diffusant la vidéo du making of de leur travail. Pour 20minutes.fr, Thibault Arcis explique leur démarche.

Combien de temps avez-vous passé pour réaliser la vidéo du bus? Quelles ont été les principales difficultés?
Entre le début du tournage et la fin du montage, il s'est écoulé deux mois. Sachant que nous n'étions pas sur le projet 24h/24, et que nous faisions d'autres choses à côté. Les principales difficultés ont été de trouver une trajectoire assez réaliste du bus, sachant que nous voulions qu'il se renverse, même si dans la réalité cela est impossible. Du coup, il fallait tout exagérer, mais sans que ça devienne trop surfait. Dans la réalité, le bus aurait freiné et se serait arrêté sans trop de difficulté, mais le but de l'exercice était quand même de faire une mise en scène assez «cinématographique».

La seconde difficulté s'est située au niveau de l'intégration de la voiture à l'arrêt, qui est présente à l'écran dès le début. Un objet fixe aussi visible pendant aussi longtemps est difficile à intégrer correctement compte tenu du mouvement permanent de la caméra.


Comment vous est venue l’idée d’un accident de bus TCL?

Nous voulions travailler sur un exercice mêlant 3D et compositing dans un environnement réaliste, le tout dans une très courte séquence pour ne pas y passer trop de temps. C'était juste un projet personnel pour voir ce que ça pouvait rendre d'unir nos forces dans une même vidéo! Un accident dans les rues de Lyon nous a paru intéressant au niveau de l'action. Le choix du bus, c'était juste un clin d'oeil pour les lyonnais, et ça nous obligeait à partir de rien pour la modélisation et le texturage contrairement à une voiture. Il n'y a vraiment aucune idée malsaine derrière cette vidéo, je pense d'ailleurs que les gens l'ont bien compris.


Dans quel but avez-vous fait cette vidéo?
Nous avons fait cette vidéo pour nous prouver qu'on pouvait faire quelque chose de bien en partant de rien, et avec nos connaissances actuelles. Même si le fake est visible, rien que le fait de mettre le doute dans l'esprit des gens une demi seconde nous suffit pour dire que le pari est gagné.
 
Avez-vous été surpris par le buzz provoqué par votre vidéo?
Nous n'aurions jamais imaginé que cette vidéo buzz avec une telle ampleur. De nos jours, on voit tellement de choses dingues sur Internet, que nous pensions que notre vidéo allait se noyer dans la masse, amuser quelques personnes et les copains. C'est allé très vite et c'était vraiment inattendu. Dans l'ensemble, les commentaires sont très positifs, les gens super sympas, constructifs, et l'ambiance est bonne enfant, ce qui correspond tout à fait avec notre état d'esprit.

Avez-vous obtenu des retombées positives de votre travail?

Nous avons déjà reçu pas mal de propositions dans plusieurs domaines et projets, ça fait super plaisir.


Pourquoi mettre maintenant en ligne la video du making of?

Je travaillais déjà sur le making-of avant la diffusion de la vidéo de l'accident, car dans nos esprits, l'un n'allait pas sans l'autre. On peut dire que l'accident est l'introduction, et le making-of la conclusion d'une même histoire. Mais vu le succès rapide de la vidéo, et les réactions diverses suscitées, il nous a semblé indispensable de vite terminer et diffuser le making-of pour calmer le jeu, et prouver une fois de plus que nos intentions sont vraiment basées sur la technique vidéo, et sur aucun autre sujet. Il faut voir cette vidéo comme une démo technique et rien d'autre.