Bars et boîtes veulent se faire entendre

Frédéric Crouzet

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Les professionnels de la nuit se rebiffent. Une dizaine de responsables de « bars à ambiance musicale » et de discothèques de Lyon se sont réunis la semaine dernière en vue de créer l'association Sauvez la nuit. Une union plutôt rare dans ce milieu, motivée par une récente série de sanctions prises par la préfecture à l'encontre de plusieurs bars et night-clubs. « Nous voulons montrer que nous sommes des chefs d'entreprise », explique Dominique Lafoy, patron du Q-Boat et futur président de l'association.

« Nous employons 3 000 personnes, nous participons au rayonnement de cette ville. Mais on a le sentiment de ne pas être pris au sérieux par les autorités. La réglementation en matière de bruit, de sécurité, d'hygiène est de plus en plus contraignante et entraîne des contrôles qui peuvent conduire à des fermetures d'entreprise sur décision de la préfecture ». En raison d'importants problèmes de voisinage, le préfet avait décidé de fermer les bars de la très animée rue Sainte-Catherine (1er), dès 1 h du matin, l'an dernier. La nouvelle boîte de nuit de la Part-Dieu, Le Bloc, n'avait pas reçue l'autorisation, à son ouverture en juin, de faire durer la fête jusqu'à 5 h. En décembre, c'est le Life (7e) qui s'est une nouvelle fois attiré les foudres préfectorales pour des problèmes de nuisances sonores. « Il est indispensable de respecter la vie des riverains, rappelle le préfet Jacques Gérault. Je serai très heureux le jour où je prendrai un arrêté permettant à ces bars, qui auront accepté les règles du jeu, de rouvrir à l'heure qui leur conviendra. »

L'association a déjà évoqué l'idée d'organiser une opération « ville morte », en demandant aux détenteurs d'une licence IV de fermer leur établissement lors d'un événement important à Lyon. Elle va publier en février une lettre ouverte, avec la participation du Medef et de la chambre de commerce, pour dénoncer les « pressions policières » et obtenir une revalorisation de leur profession. Et avancer vers une harmonisation des horaires de fermeture. « Les discothèques peuvent désormais rester ouvertes jusqu'à 7 h, c'est un premier pas. Mais les autres établissements de nuit, qui n'ont pas de piste de danse, doivent fermer à 1 h ou 5 h. Il y a un besoin d'uniformisation », indique Dominique Lafoy. W