Des spectacles qui partent dans le décor

Frédéric Crouzet

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La rentrée théâtrale et lyrique s'annonce mouvementée. Depuis le 2 décembre, les principaux théâtres municipaux ainsi que l'Opéra national de Lyon ne sont plus en mesure d'accéder à leurs décors et costumes. Et l'incertitude règne sur leurs programmations pour les semaines, voire les mois à venir. L'atelier des décors de Vénissieux, où sont entreposés et fabriqués les éléments scéniques, a dû être évacué et fermé en catastrophe il y a deux semaines en raison de la propagation accidentelle de fibres d'amiante. « Une entreprise est intervenue pour changer des portes coupe-feu du local. Au lieu d'être simplement enlevées, elles ont été découpées. Et de l'amiante s'est échappé », soupire Georges Képénékian, l'adjoint à la Culture de la ville de Lyon, propriétaire du local.

Les dangereuses poussières ont imprégné les costumes, recouvert mobiliers et fonds de scènes. Et l'atelier de la rue Roger-Salengro ne pourra rouvrir qu'après désamiantage et de nombreuses expertises. Première victime de cette fermeture inopinée : le théâtre du Point du jour (5e). Les représentations de la pièce Max Gericke, qui devaient être données du 10 au 17 décembre, ont été annulées. Les autres structures tentent de sauver les meubles. « Tous nos décors étaient à Vénissieux. Mais on ne va rien annuler », indique Gilles Vernay, directeur technique du Théâtre de la Croix-Rousse (4e). Il va devoir faire refaire en urgence les décors du Malade imaginaire, qui doivent être installés le 4 janvier à la Maison de la danse. « C'est une grosse catastrophe pour les compagnies. Car elles vont devoir avancer beaucoup de trésorerie », estime-t-il. Au théâtre des Célestins (2e), les nouveaux décors de la production Blackbird, une pièce que doit jouer Léa Drucker à Nancy puis à Lyon en janvier, devraient ainsi entraîner un surcoût de 70 000 euros. « Toute cette histoire va coûter très cher », déplore Georges Képénékian, sans toutefois avancer de montant. W