La ville de Lyon candidate pour une réorganisation de l'école

Elisa Frisullo

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Et si à l'avenir dans les écoles, les petits Lyonnais pouvaient étudier, bénéficier de soutien scolaire et se divertir ? C'est en tout cas l'objectif visé par la ville de Lyon qui, selon nos informations, souhaite créer à titre expérimental à la rentrée 2010 quatre Etablissements public local de coopération éducative. Chacun de ces EPLCE regrouperait 14 classes, soit deux écoles, et serait piloté par l'Education nationale et la commune dont les compétences en matière scolaire seraient ainsi clairement accrues. Les moyens humains et financiers de chaque école seraient mutualisés afin de renforcer le lien entre le temps scolaire et les loisirs.

« Il y a urgence à mettre en cohérence au sein de l'école le travail des enseignants, des agents communaux et des intervenants extérieurs, indique l'adjoint aux Affaires scolaires Yves Fournel (Gaec). Nous avons proposé des pistes de travail qui sont à l'étude au ministère ».

Mais le projet semble pourtant déjà bien abouti. La mairie prévoit en effet d'alléger la journée scolaire, d'allonger la pause déjeuner et de rouvrir les écoles « volontaires » à l'expérimentation le mercredi matin. Le temps libéré avant, après la classe et sur la pause méridienne serait consacré aux activités périscolaires. Une réorganisation qui ne fait pas l'unanimité du côté des syndicats. Le Snudi-FO du Rhône a même lancé une pétition pour demander l'abandon du projet de la ville de Lyon qui menace, selon lui, le statut des enseignants fonctionnaires d'Etat ». « Dans ces EPLCE, la municipalité aura beaucoup plus de pouvoir et sera davantage impliquée dans le fonctionnement de l'école et la pédagogie. Accepter cela, c'est accepter la privatisation de l'école », dénonce Jean-Paul Maury, délégué Snudi-FO. Le Snuipp, « opposé au projet en l'état », s'est dit prêt à s'associer à une réflexion sur l'articulation du temps scolaire et périscolaire. W