En France, « on n'assassine pas impunément »

— 

Au chevet d'un quartier endeuillé. Les autorités politiques se sont succédé hier dans le secteur sensible de Mermoz-Sud, dans le 8e arrondissement, pour aller rencontrer et réconforter les proches du jeune Amar. Ce collégien de 12 ans se rendait à l'épicerie lorsqu'il a été abattu de plusieurs balles, dimanche en fin de journée, dans une fusillade survenue à la suite d'une banale altercation entre jeunes de quartiers différents. Cet après-midi-là, plusieurs rixes avaient opposé des adolescents de Mermoz et des jeunes de Bron. Peu de temps après, une voiture s'arrêtait place Latarjet, avec à son bord, trois à cinq tireurs. « Il faudra que justice se fasse », a déclaré dans un communiqué le sénateur-maire PS de Lyon, Gérard Collomb, après avoir rencontré les parents de l'adolescent. « Ce drame illustre une situation qui doit être totalement éradiquée dans nos villes. Le premier droit de nos concitoyens est de pouvoir vivre en paix et en sécurité », a-t-il ajouté.

En déplacement à Lyon, où il a rencontré la famille d'Amar et des représentants associatifs de Mermoz, le ministre de l'Intérieur a fait part de sa détermination. « Sur notre territoire, on n'assassine pas impunément, a déclaré Brice Hortefeux (UMP). Pour des actes aussi inadmissibles que ceux-là, c'est la réclusion à perpétuité », a-t-il ajouté, précisant que « l'enquête progressait à grande vitesse ». Mais les tireurs courent toujours. Entre lundi et mardi, quatre jeunes âgés de 16, 19, 20 et 23 ans ont été interpellés. L'un d'eux, arrêté a Bron et considéré par la police comme un témoin important, a vu sa garde à vue prolongée jusqu'à aujourd'hui. Les autres sont des « personnes impliquées dans les rixes » qui ont précédé la fusillade, indique Jean-Marc Rebouillat, directeur départemental adjoint de la sécurité publique du Rhône. « On ne pense par avoir le tireur parmi eux », a-t-il ajouté. Selon le ministre de l'Intérieur, les enquêteurs de la brigade criminelle chargés de l'affaire sont également en train d'exploiter des images d'une caméra de vidéosurveillance d'un local associatif, situé près du lieu du crime. W

E. F. (avec AFP)