Les marges dopées des hypers

Carole Bianchi

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Sur un kilo d'escalopes de poulet acheté à Lyon ou Villefranche, la marge moyenne de la grande distribution s'élève à 9,33 euros. Pour une brique de lait Candia de 1 litre, la différence entre le prix du producteur et celui de la grande surface atteint 0,54 euros. Après une enquête réalisée du 26 septembre au 10 octobre dans 23 hypers et supermarchés du Rhône, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir a dénoncé, hier, les « marges injustifiées » des prix alimentaires. Après le logement, les courses représentent le plus important budget des ménages.

Selon René Barraud, président de l'antenne locale qui recense 5 700 adhérents, la grande distribution n'a pas suffisamment répercuté la baisse des prix agricoles constatée depuis 2008. « Quand le prix du lait des éleveurs a diminué de 7 % entre septembre 2007 et septembre 2009, les étiquettes en rayon ont affiché des hausses de 5 % pour le produit Candia et de 11 % pour la marque du distributeur », analyse-t-il.

D'où l'idée de proposer aux parlementaires du département « d'instaurer un coefficient multiplicateur pour les produits peu transformés ». Sur une courte période, les prix des grandes surfaces seraient liés à ceux des producteurs, comme c'est déjà le cas pour les fruits et légumes. « Nous ne sommes pas pour un retour à l'encadrement des prix, mais ce système permettrait de limiter la progression des marges », poursuit René Barraud. D'ici à la fin de la semaine, l'ensemble des parlementaires sera interpellé sur la question. A un mois des fêtes de fin d'année, le sujet ne manquera pas d'attirer leur attention. W