L'affaire Saint-Fons à la traîne

Frédéric Crouzet

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Une procédure interminable. Le procès des détournements de fonds publics à Saint-Fons, qui s'est ouvert hier à Lyon après huit longues années d'instruction, a finalement été repoussé d'un an alors qu'il devait durer jusqu'à la fin de la semaine. Le président de la cinquième chambre du tribunal correctionnel a décidé de renvoyer l'affaire au 9 décembre 2010. Motif : l'ouverture d'un supplément d'information pour établir avec précision le montant des détournements et des surfacturations. Cette question a largement occupé les débats de la première (et seule) journée du procès, dans lequel comparaissent deux élus socialistes.

La justice reproche à Yves Mongenot, ancien maire PS de Saint-Fons (1995-2001), d'avoir fait verser de 1997 à 2001 d'importantes subventions au Comité pour nos gosses, association en charge du secteur jeunesse de la ville, sans mise en concurrence. Des prestations auraient été surfacturées au profit de la Fédération Léo-Lagrange, alors dirigée par Yves Blein. Aujourd'hui maire PS de Feyzin, il comparaît pour recel de détournement de fonds publics.

Commandé en 2001 par le maire (divers droite) de Saint-Fons Michel Denis (2001-2008), un rapport de l'ex-inspecteur Antoine Gaudino avait révélé des détournements estimés à 1,8 million d'euros. Mais durant la longue instruction, aucun expert judiciaire n'a chiffré le montant exact du préjudice. Les avocats des prévenus se sont, hier, engouffrés dans la brèche. « On ne connaît pas la nature de l'accusation, donc de nos moyens de défense », a déploré Jean-Félix Luciani, avocat d'Yves Mongenot. C'est la mairie de Saint-Fons, de nouveau dirigée par le PS, qui a demandé ce supplément d'information en tant que partie civile. « La ville n'est pas en mesure d'apprécier si les prestations fournies ont ou non fait l'objet d'une surfacturation et dans quelles proportions », a plaidé Michel Riva, avocat de la municipalité. W