Le « Petit Paumé » n'est plus le bienvenu partout

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   Une trentaine d'autocollants ont déjà été distribués et affichés sur les portes vitrées des boutiques. Des commerçants du 1er, 2e, 5e et 7e ont décidé de dire « Non merci au Petit Paumé ». Ou plutôt aux critiques du guide étudiant qui ont récemment poussé le restaurant Carte Blanche (2e) à le poursuivre en justice après avoir été classé dans le palmarès de la « plus grande chiasse d'après repas. » Demain, une audience de consignation devra déterminer si la plainte est recevable. « Je suis recommandé Petit Paumé (RPPP) depuis plusieurs années, explique Morgan Dubois, gérant d'un magasin de tatouages installé à proximité de Carte Blanche. J'ai décidé de mettre cet autocollant par soutien. Je n'ai rien contre la critique, mais c'est comme s'ils m'avaient attaqué sur l'aspect sanitaire de mon activité sans argument. » 

   A l'origine de cette fronde, le patron du Café 203, Christophe Cédat. « De la même façon que la critique du guide dure une année, cet autocollant a un effet constant. A un moment, il faut se lever contre cette toute-puissance. Beaucoup m'ont dit qu'ils avaient pensé se mobiliser, mais n'ont jamais osé. » « Cette grosse machine fait peur, assure un restaurateur frondeur qui souhaite rester anonyme. Mais je me demande si cet autocollant peut vraiment empêcher le Petit Paumé de rédiger une critique sur nous. » Pas vraiment, à en croire les étudiants, qui affirment vouloir continuer à aller où ils le souhaitent. W 

   C. B.