Musulin, voleur par vengeance ?

Frédéric Crouzet

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Début d'explication dans l'affaire Toni Musulin ? Les avocats du convoyeur de fonds de chez Loomis qui avait détourné son fourgon blindé le 5 novembre à Lyon chargé de 11,6 millions d'euros, ont indiqué hier que « son ressentiment vis-à-vis de son employeur pouvait être une de ses motivations ». « Les relations entre Toni Musulin et son employeur sont déterminantes dans cette affaire », a estimé Me Christophe Cottet-Bretonnier lors d'une conférence de presse. « Il y a une situation qui s'est manifestement dégradée ces derniers mois au sein de l'entreprise. Mais ce n'est qu'une des explications », a souligné Me Hervé Banbanaste.

Toni Musulin aurait-il voulu se venger de Loomis, société dans laquelle il était employé depuis dix ans, en montrant au grand jour des failles dans la sécurité des transports de fonds ? « Cette affaire permet de s'interroger sur la sécurité de notre argent, sur le métier de convoyeur de fonds. Et la thèse d'un homme qui vole par pure avidité est un peu rapide », répond Hervé Banbanaste. Ses deux défenseurs se sont attachés à corriger le portrait de l'auteur du « casse du siècle », devenu star sur Internet. « C'est un homme réservé, serein, sympathique, intelligent. S'il a souhaité garder le silence, c'est qu'avant de parler, il réfléchit », souligne Christophe Cottet-Bretonnier. « On est loin du mafieux serbe aux méthodes du grand banditisme », estime Hervé Banbanaste. Mais c'est avec le statut de « détenu particulièrement surveillé » que Toni Musulin a été incarcéré à la maison d'arrêt de Lyon-Corbas. W