Une vieille barque va refaire surface

Frédéric Crouzet

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Mais que deviennent les célèbres « bateaux de Saint-Georges » ? En 2003 et 2004, à l'occasion du creusement d'un parking souterrain en bord de Saône, les archéologues de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) sortaient de terre seize embarcations, dont les plus anciennes remontent au Ier siècle. Six ans après ces découvertes exceptionnelles, ces épaves demeurent invisibles pour le public. L'une d'elles devrait cependant être exposée à Lyon au printemps 2010.

Le conseil municipal de Lyon vient juste de voter 230 000 euros de travaux pour aménager un local dans le parking de la Fosse aux ours, en vue d'y installer une embarcation du XVIIIe siècle. « Elle a été restaurée et remontée sur un support. La mairie de Lyon doit la récupérer avant la fin du premier trimestre 2010 », précise Francis Bertrand, directeur d'Arc Nucleart, laboratoire grenoblois en charge du traitement des épaves. Dès 2004, le Grand Lyon, l'Etat et le conseil général s'étaient accordés pour sauvegarder trois barques gallo-romaines, deux pirogues médiévales et cinq barques à vivier. Mais il faudra s'armer de patience pour les découvrir dans un musée. Une embarcation du IIIe siècle, longue de 18 m, destinée à être exposée au futur musée des Confluences, nécessitera au moins cinq années de travaux de restauration. Et le conseil général n'a pas encore donné son feu vert, en raison du coût estimé à près d'un million d'euros. La plupart de ces bateaux sont toujours stockés dans un bassin de l'est de l'agglomération. En attendant, il est possible de se replonger dans l'aventure de cette fouille en feuilletant Les bateaux de Saint-Georges, une histoire sauvée des eaux. Un ouvrage que vient de publier Grégoire Alaya, le responsable du chantier archéologique [lire ci-dessous]. W