Patrimoine A Fourvière, la maison de la missionnaire Pauline-Marie Jaricot sort de l’oubli

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C’est une maison blanche adossée à la colline. Surplombée par l’imposante basilique de Fourvière, enfouie dans la végétation mais visible depuis Bellecour, on avait fini par oublier cette discrète demeure. La maison de Pauline-Marie Jaricot ressort aujourd’hui de l’anonymat. Et révèle ses trésors, cachés par les âges. Récemment inscrite à l’inventaire des Monuments historiques, en travaux depuis février 2003, cette bâtisse du xvie siècle rouvrira en 2005 avec un musée consacré à cette figure du catholicisme lyonnais du xixe siècle et un étage réservé à une communauté religieuse. « Ce sera un lieu de mémoire, de prière et de mission », indique l’archevêque de Lyon, le cardinal Barbarin. Pauline Jaricot fut la plus illustre occupante de cette maison qu’elle baptisa « Lorette » en 1832 et où elle mourut trente ans plus tard. Fille de bourgeois lyonnais, elle décida à 16 ans d’offrir sa vie à Dieu et créa à Lyon l’Œuvre de propagation de la foi, destinée à financer les missions catholiques. Présent dans 150 pays, ce mouvement laïc, devenu les Œuvres pontificales missionnaires et installé à Rome est propriétaire de la maison depuis trente ans. Proche du monde ouvrier, « Pauline », comme l’appellent aujourd’hui les religieux, avait voulu fonder une « entreprise industrielle chrétienne ». Associée à des escrocs, elle se  retrouva ruinée et instaura, pour rembourser ses créanciers, un péage sur l’escalier qui menait à Fourvière en traversant sa propriété. « Cette maison a plus qu’une histoire, elle a surtout une âme », se plaît à raconter Didier Reppelin, architecte en chef des Monuments historiques pendant qu’il fait visiter cette bâtisse érigée sur une ancienne voie romaine et dont les fondations remonteraient au xive siècle. Autrefois appelée le « logis de Bréda », elle a été la demeure campagnarde de riches et raffinés lyonnais. En attestent les élégantes peintures murales datant du xviie ou les très rares marqueteries de bois au plafond, découvertes avec surprise sous les couches de plâtre. Frédéric Crouzet