L'éternel casse-tête de l'accueil des roms

Elisa Frisullo

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Il est 6 h ce samedi d'avril 2004 lorsque Mariana et Simona, deux ­Roumaines de 14 et 17 ans, sont ­découvertes mortes dans l'incendie de leur caravane du campement de ­Surville. « A l'époque, tout le monde avait dit plus jamais ça. Cinq ans plus tard, ce bidonville existe toujours, et la situation des Roms n'a pas évolué », déplore Alain Veysset, animateur du ­collectif Rrom. Ce comité, qui regroupe une dizaine d'associations lyonnaises de soutien aux sans-papiers et d'aide à ­l'intégration, se mobilise régulièrement pour attirer l'attention des autorités sur l'accueil « indigne » réservé à ces ­populations depuis plus de quinze ans. « A part quelques élus locaux, les ­maires de Chassieu, Vénissieux, Vaulx-en-Velin ou de Lyon 1er, personne ­n'accepte de se mettre autour de la table pour trouver des solutions », ­poursuit le militant ­associatif. Les 600 à 800 Roms présents selon les associations chaque année sur le Grand Lyon restent dans la rue. Et les ­expulsions des bidonvilles et des squats - une ­trentaine recensés depuis 2005 - se ­succèdent.

« L'Etat en Rhône-Alpes considère qu'un bon Roumain vit en Roumanie, surtout s'il est Rom », dénonce André Gachet, directeur de l'Association lyonnaise pour l'insertion par le logement. Depuis 2007 et l'élargissement de l'Europe à la ­Roumanie et à la Bulgarie, rien n'a changé pour ces migrants, pourtant ­citoyens européens. Seule solution pour les inciter à repartir dans leur pays, l'aide au retour volontaire qui a bénéficié à 257 personnes en 2008 dans le ­département. « Sur 2009, 377 aides ont déjà été accordées », précise la préfecture du Rhône, indisponible, tout comme le Grand Lyon, pour répondre à d'autres questions sur le sujet. « Les autorités craignent l'effet appel d'air », explique Alain Veysset. « Elles se disent qu'en réglant le ­problème, il y aura plus de Roms. Mais, sans solution, le problème est permanent », poursuit André Gachet, qui milite depuis des années pour ­l'aménagement d'un terrain propre et sécurisé pour accueillir les Tsiganes de passage. Il réclame également l'accès au parc ­locatif social pour les familles intégrées. D'autres métropoles ont franchi le pas. Depuis 2007, à Nantes, et depuis peu à Lille, les Roms peuvent louer des ­mobile-homes. A Bordeaux, ces ­familles de migrants devraient avoir accès à des logements. De quoi inspirer les autorités du Grand Lyon. W