Des amphis virtuels avec des cours bien réels

Carole Bianchi

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Flambant neuve, la faculté manque encore de quelques « avatars » supplémentaires.
Flambant neuve, la faculté manque encore de quelques « avatars » supplémentaires. — DR

La fac de droit de Lyon-III a investi dans une île... virtuelle en 3D. Elle y a déjà installé quelques amphis très modernes et des salles de travaux pratiques où des « avatars », personnages pilotés par les internautes, peuvent assister à quelques cours. Depuis vendredi, l'université Jean-Moulin a mis un pied dans la communauté de la plateforme Internet Second Life, sorte de jeu de rôle où les utilisateurs peuvent discuter entre eux et explorer différents univers : politique, vie amoureuse, travail, etc.

La faculté de droit revendique être la première de France à mettre à la disposition du grand public et de ses étudiants quelque « huit cents documents libres de droit », selon Gérald Delabre, directeur adjoint du centre droit et nouvelles technologies. Elle rejoint ainsi les universités prestigieuses de Harvard et Stanford, déjà présentes sur Second Life. L'ensemble de ce savoir est régulièrement stocké depuis neuf ans par les enseignants sur une plateforme pédagogique de l'université, « la faculté de droit virtuelle », qui connaît un véritable succès avec 3 000 connexions par jour et 9 000 utilisateurs réguliers.

Une deuxième partie, accessible uniquement aux étudiants et profs, va permettre de développer les cours à distance pour des filières spécialisées. « Notre plateforme était austère et peu ludique. Avec Second Life, le e-learning trouve un nouveau souffle », poursuit Gérald Delabre. « L'image poussiéreuse de l'amphithéâtre et de l'enseignement de masse est dépassée, se félicite Louis-Augustin Barrière, doyen de la faculté de droit. Cet outil n'est cependant pas là pour faire disparaître l'enseignement classique, mais vient en soutien. » Les étudiants, eux, semblent satisfaits. « On espère que toutes les branches de l'université pourront rapidement bénéficier de Second Life », indique un membre du syndicat étudiant UNI à Lyon-III. Reste maintenant à investir la nouvelle île de la fac. Car pour l'instant, elle est encore un peu déserte. W