La région inégalement touchée par la crise

Elisa Frisullo

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En ces temps moroses, mieux vaut, pour les Rhônalpins, travailler dans le Rhône ou en Savoie. Selon le bilan 2008 de l'emploi salarié en Rhône-Alpes, dévoilé hier par Pôle emploi, ces deux départements sont ceux qui ont été le moins touchés l'an passé par la baisse globale des effectifs constatée dans la région (- 0,7 %). Le Rhône, « véritable locomotive de la région » selon l'organisme, a gagné 3 900 postes par rapport à 2007, avec des effectifs en hausse dans la construction (+ 2 %), le commerce (+ 0,7 %) et les services (+ 0,9 %), regroupant les métiers de la propreté, du conseil, de la sécurité et l'intérim.

En Savoie, où l'emploi a progressé de 0,6 %, le nombre de salariés s'est stabilisé dans le BTP et le commerce et a augmenté plus significativement dans les services (1,2 %).

Même dans l'industrie, qui a perdu 8 300 postes l'an passé dans la région, ces deux départements ont tiré leur épingle du jeu, avec une stabilisation des effectifs dans le Rhône et une légère régression en Savoie. « Les plus fortes baisses en termes d'emplois ont été enregistrées dans les départements fortement industriels comme l'Ain, la Haute-Savoie et la Loire », précise Patrick Lescure, directeur régional de Pôle emploi. Les effectifs ont baissé de 2,6 à 2,8 % dans l'industrie sur ces territoires, où les services ont également été très touchés. L'Ain a par exemple perdu 2 450 postes dans ce secteur, le recours à l'intérim des entreprises industrielles s'étant raréfié l'an dernier.

Vu les chiffres de l'emploi salarié enregistrés au premier semestre, ces tendances devraient se vérifier en 2009, voire s'aggraver, et les écarts entre départements pourraient se creuser. « Au niveau régional, les services et l'industrie restent atones. Le début d'année a été très mauvais dans le commerce. La construction, elle, reste le secteur le plus vivace en termes de création d'emplois », résume Patrick Lescure. W