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Sur la couverture de l'ouvrage, le dos d'un homme, recouvert d'un tatouage, intrigue. En dessous du dessin, il est inscrit « Evasion de forçats ». Des tatouages de la sorte, Alexandre Lacassagne (1843-1924), professeur de médecine légiste à Lyon, en a collectionné et étudié plus de deux mille. C'est ce type de documents, qualifiés de « mineurs » et longtemps tenus sous silence, que dévoile le recueil Archives d'un savant du crime, paru hier. C'est le premier de la nouvelle collection « En quête d'archives » des éditions Textuel. A Lyon, le nom de Lacassagne « s'inscrit dans la toponymie de la ville : il a son avenue, un lycée éponyme (...), mais il demeure somme toute méconnu », écrit l'un des deux auteurs, Muriel Salle, qui achève une thèse consacrée au professeur. A la fin du XIXe siècle, en se lançant dans l'étude du phénomène criminel, Lacassagne a mené une démarche peu courante qui consistait à encourager les détenus, principalement de l'ancienne prison Saint-Paul, à écrire leur quotidien. Le livre propose de découvrir ces dessins, poèmes ou chansons créés par des prisonniers. Mais aussi des profils de bagnards. Autant de documents que le professeur avait offert en 1921 à la ville de Lyon (12 000 au total) et qui avaient permis la réalisation de l'exposition « Le médecin et le criminel » en 2004 à la bibliothèque municipale. C. B.

Papiers des bas-fonds, archives d'un savant du crime, 1843-1924.

De Philippe Artières et Muriel Salle, éditions Textuel, 160 pages, 39 euros.