Saint-Priest est menacée de fracture électorale

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Saint-Priest ne veut pas être coupée en deux. Alors que l'Assemblée nationale examine jusqu'à vendredi le projet de loi de délimitation des circonscriptions électorales, Martine David, maire (PS) de cette commune de 41 000 habitants, ne décolère pas contre ce « texte injuste ». Au nom d'un rééquilibrage démographique, le projet prévoit de faire glisser 15 000 votants de Saint-Priest dans la 14e circonscription, détenue par le communiste André Gerin, qui compte 94 000 habitants. Les 10 000 autres resteraient dans la 13e (135 000 habitants), qui a élu en 2007 Philippe Meunier (UMP). « Notre ville va être découpée en deux. On aura donc deux députés. Les électeurs ne vont plus rien comprendre », déplore Martine David. L'ancienne députée s'en est émue auprès du président de la République et d'Alain Marleix, secrétaire d'Etat aux collectivités territoriales, sans toutefois recevoir de réponse. Le Parti socialiste voit dans cette nouvelle délimitation une tentative de « charcutage politicien ». « Les électeurs qui resteraient rattachés à la 13e sont en secteur pavillonnaire et votent majoritairement à droite. Ce découpage va favoriser le député UMP », estime Bruno Polga, conseiller général (PS) de Saint-Priest. Les députés socialistes doivent déposer un amendement contre le redécoupage des 13e et 14e circonscriptions du Rhône. W

Frédéric Crouzet

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