La SNCF obtient la garde des enfants

Frédéric Crouzet

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Autrefois, on y laissait sa valise. Les voyageurs pourront désormais y déposer leurs enfants. L'ancienne bagagerie de la gare de Roanne (Loire) s'apprête à être transformée en crèche, la première de France à ouvrir dans un local SNCF. Situé entre les quais et le parvis de la gare, cet espace de 170 m2 avec vue sur les trains pourra accueillir, dès septembre 2010, neuf bambins de 0 à 4 ans. Et les places seront attribuées en priorité aux abonnés des Transports express régionaux (TER) qui pourront confier leurs enfants de 6 h 45 à 19 h.

« Mais en cas de retard des trains, la crèche adaptera ses horaires, tient à préciser Bruno Mercader, directeur adjoint des TER Rhône-Alpes. Car notre objectif est d'améliorer le service rendu à nos clients. » Et de redonner un peu de vie aux gares, désertées par les buffets et les commerces. Alors, pour revitaliser ces espaces et rendre les TER plus attractifs, la SNCF et la région Rhône-Alpes ont lancé, début 2009, un appel à projet. Objectif : inviter entreprises et associations à créer des activités de services dans quatorze gares de la région. La société lyonnaise Garderisette, spécialiste de la micro-crèche d'entreprise, a ainsi déposé un dossier pour Roanne, accepté la semaine dernière.

A Voirons (Isère), c'est un espace multiservice qui devrait ouvrir en 2010, semblable à l'Espace Gourmand de la gare de Vienne (Isère). Depuis un an, ce « multistore » propose café, croissants, journaux aux voyageurs. Mais aussi un accès wi-fi, un relais colis, un pressing... et un prêt de parapluie. La région négocie également avec un groupe de la grande distribution pour l'ouverture de « mini-markets ». « Une gare, c'est l'entrée d'une ville, et donc un lieu stratégique à reconquérir », estime Laure Déroche, maire de Roanne (PS). Mais la reconquête s'annonce longue. Si la SNCF et les collectivités locales financent le réaménagement de ces espaces, peu d'entreprises se sont portées candidates pour s'installer en gare. « Ce sont des lieux parfois excentrés. Les commerçants hésitent à s'y installer, même si le trafic voyageur progresse », analyse Lionel Catrin, chargé de communication transports à la région. A la gare de Roanne, qui voit passer 4 000 voyageurs chaque jour, les neuf berceaux devraient, eux, vite trouver preneurs. W