Jugée pour avoir tué sa mère atteinte de sclérose en plaques

— 

« Dépressive », elle « angoisse à l'idée d'aller en prison », selon son avocate Yanina Castelli. Agée de 50 ans, Josiane Humbert est jugée à partir d'aujourd'hui pour assassinat devant la cour d'assises du Rhône. Fin novembre 2006, elle a reconnu avoir tué, à Beaujeu, sa mère, atteinte d'une sclérose en plaques, pour abréger ses souffrances. Son mari, Guy Humbert, est accusé « d'abstention volontaire d'empêcher un crime ». Les faits remontent au 30 mai 2005 mais Josiane Humbert n'en avait parlé à une aide-soignante que plusieurs mois plus tard, pour tenter de soulager sa conscience.

« Cette femme a vécu pendant vingt ans au chevet de sa mère. Un quotidien rempli de souffrance morale, d'usure psychologique, d'absence de liberté et d'angoisse permanente », note Me Yanina Castelli, qui ne souhaite pas de « procès exemplaire ». L'affaire est différente de celle de Marie Humbert, qui a défendu le droit à l'euthanasie après avoir aidé son fils handicapé, Vincent, à mourir comme il le souhaitait. Car la mère de Josiane, « peu autonome mais lucide », selon Alain-Xavier Spee, avocat des parties civiles, n'avait jamais émis le souhait de mourir, selon son entourage. « Plutôt que d'accepter une aide, Josiane Humbert s'est épuisée et n'a trouvé comme issue que la mort. Il y a eu dérive », relève l'avocat des deux soeurs de la défunte. Verdict vendredi. W

C. B.