Les TCL retournent à la mobilité

Frédéric Crouzet

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Les usagers des Transports en commun lyonnais vont pouvoir souffler. Le réseau TCL devrait fonctionner presque normalement dès ce matin, après dix jours de fortes perturbations. Et la direction de Keolis Lyon, entreprise qui exploite le réseau, offrira une ristourne de 30 % aux abonnés sur leur coupon du mois de novembre. « Pour indemniser les autres clients, ainsi que les commerçants qui ont souffert de cette grève, l'ensemble du réseau sera gratuit le samedi 17 octobre, jour de la fête de la mobilité », annonce Bernard Tabary. Pour le directeur général de Keolis Lyon, c'est « la fin du conflit ». Les conducteurs de bus, métro et tramway, en grève depuis le 24 septembre pour dénoncer une réorganisation de leur travail, ont décidé vendredi de reprendre le volant. La mort dans l'âme, sans rien avoir obtenu.

« Nous ne sommes plus assez nombreux pour gagner », a regretté Jacky Albrand, secrétaire de la CGT-TCL, accusant la direction d'avoir joué « le pourrissement en refusant une vraie négociation ». Les syndicats demandent cependant toujours l'abandon des procédures disciplinaires contre les grévistes et la désignation d'un médiateur. Refus catégorique de la direction de Keolis. Deux salariés des TCL font déjà l'objet d'une convocation devant le conseil de discipline pour avoir jeté des oeufs sur des bus, bloqué des dépôts ou fait sortir des voyageurs des rames. « Et il y en aura d'autres », indique Bernard Tabary. Le préavis de grève, qui court jusqu'au 2 janvier, n'étant pas levé, les salariés pourraient donc être invités à débrayer pour la Fête des Lumières et les samedis du mois de décembre. « Ils vont encore se rendre très populaires », ironise déjà le maire de Lyon Gérard Collomb (PS), très critiqué par les grévistes pour avoir déclaré que les salariés de Keolis n'étaient « pas les plus à plaindre ». Le conflit social n'est pas tout à fait éteint dans les TCL. W