Un « acte regrettable » qui vient perturber les discussions

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L'incendie criminel du dépôt de Perrache est venu envenimer le conflit social qui oppose depuis de longs mois les salariés de Keolis Lyon et leur direction. « Dans ces circonstances très graves, je demande aux 882 agents encore grévistes de cesser leur mouvement de protestation. La meilleure façon de dénoncer cet acte est de reprendre le travail », a lancé hier matin Bernard Tabary, directeur général de l'entreprise.

« Tout le monde condamne cet acte regrettable. Mais nous refusons que la direction s'en serve pour briser la grève. Elle est à bout d'arguments. Cet incendie nous affecte dans notre travail, pas dans nos revendications », s'insurge Denis Faye, secrétaire du syndicat Unsa-Autonomes des TCL. Hier après-midi, une rencontre entre syndicats et direction, organisée d'urgence en raison du sinistre, s'est de nouveau soldée par un échec.

« Nous avons demandé à la direction de surseoir à son projet de réorganisation, et nous avons proposé de suspendre la grève, le temps de panser cette blessure. On serait revenus sur nos différends après la remise en état du réseau. Mais elle a refusé », indique Jacky Albrand, secrétaire général de la CGT-TCL. Les salariés de Keolis doivent se prononcer ce matin sur la suite de leur mouvement lors d'assemblées dans les dépôts. Le trafic sera encore aujourd'hui perturbé avec seulement 68 % du réseau opérationnel et peu de transports en commun après 20 h. W

F. C.