Un dépôt de bus lyonnais ravagé par les flammes

INCENDIE L'incident serait criminel, le groupe a porté plainte, un homme est entendu comme témoin...

Frédéric Crouzet et Elisa Frisullo, à Lyon

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Un incendie a ravagé un dépôt de bus du réseau TCL à Lyon, cours Suchet derrière la gare de Perrache, dans la nuit de mardi à ce mercredi. Le feu a pris vers 2h30 du matin et a entièrement ravagé le site de 2.500 m2, ainsi que 34 bus, a constaté notre journaliste présent sur les lieux.

Le sinistre n'a fait aucune victime, et serait d'origine criminelle, selon le parquet. Une enquête a été ouverte ce mercredi matin et confiée à la police judiciaire de Lyon. L’exploitant du réseau TCL, Keolis Lyon, a annoncé avoir porté plainte ce mercredi matin auprès du procureur de la république de Lyon «pour que la lumière soit faite sur les circonstances de cet incendie et que les responsabilités soient établies». Un homme est actuellement «entendu comme témoin» dans les locaux de la police judiciaire de de Lyon.

Enquête ouverte


Vers 2h 40, les riverains du quartier ont été réveillés «en sursaut par plusieurs déflagrations», provenant de l’explosion des réservoirs et des pneus des véhicules. «Une épaisse fumée noire s’est alors répandu dans la rue et chez-nous. Nous n’y voyions pas à cinq mètres tellement il y en avait», indique Antoine Sanchez, un habitant de la résidence Suchet, tout proche des lieux du sinistre.

Les dégâts auraient pû être encore plus importants, puisqu’une cuve de 40.000 litres de fioul se trouvait à l’intérieur du site mais a été épargnée par les flammes. La piste criminelle est privilégiée plusieurs témoins affirmant avoir vu un homme cagoulé sortir d’une voiture pour jeter un cocktail Molotov juste avant le début de l’incendie.

Un contexte de plus en plus tendu

L'incendie intervient au 6e jour d'un conflit social qui secoue le reseau de transports lyonnais TCL. Mardi, des négociations ont échoué, et une vingtaine de délégués syndicaux se sont «barricadés» au siège de Keolis Lyon. Les flammes seraient maîtrisées ce mercredi matin, après l'évacuation des riverains.

Réactions

Le secrétaire d’Etat chargé des Transports, Dominique Bussereau, a exprimé ce matin «son indignation». «Cet événement d’une extrême gravité pénalise durablement l’exploitation du réseau de transport urbain de l’agglomération lyonnaise». Le maire PS de Lyon, Gérard Collomb, a appelé «à une reprise du travail» de la part des syndicats. Cette grève a trop duré», a-t-il déclaré sur LCI. «Il faut regarder le sort des autres, des usagers. Je pense à celui qui habite aux Minguettes, et qui est privé de transports en commun et je pense qu'il est plus mal loti que le conducteur des TCL», a souligné l’édile.

Keolis Lyon a condamné sévèrement «cet évènement qui va perturber encore davantage le fonctionnement du réseau des TCL». Le groupe a indiqué qu’il était particulièrement mobilisé, avec le Sytral, pour limiter les conséquences de cet acte et restaurer le plus vite possible la qualité de service public à laquelle ont droit les habitants de l’agglomération lyonnaise.

Le président PS du Sytral, Bernard Rivalta, a lui aussi fermement condamné cet «acte criminel et irresponsable». «34 bus brûlés, cela représente 12 millions d’euros. C’est l’argent des usagers, des contribuables et des entreprises qui est parti en fumée», a-t-il déploré dans un communiqué.

Le directeur général de Keolis Lyon, Bernard Tabary doit de nouveau recevoir les organisations syndicales cet après-midi pour tenter de trouver une issue au conflit.