Batte de base-ball, insultes et jets d'oeufs... La tension monte

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Dialogue difficile hier sur le cours Lafayette (3e). Des conducteurs des TCL en grève occupent la chaussée, arrêtent tous les bus qui passent, jettent des oeufs sur les vitres, et insultent les chauffeurs qui ne suivent pas le mouvement. Une dame interpelle l'un des grévistes, lui dit qu'elle ne peut plus aller travailler. « Avec votre grève, vous pénalisez les petits, les ouvriers. » « On sait que notre mouvement est impopulaire, rétorque le jeune conducteur. Mais la grève est notre seul moyen de pression, madame. On veut nous enlever tous nos acquis sociaux. » Hier, les grévistes ont tenté d'expliquer leur mouvement qui paralyse l'agglomération depuis près d'une semaine en distribuant des tracts de la station Grange-Blanche à la Part-Dieu. Et ils ont pu mesurer l'exaspération des habitants. A deux pas de la Manufacture des Tabacs, un automobiliste bloqué derrière un bus arrêté par les grévistes a cru bon de sortir avec une batte de base-ball. Il a été reconduit dans sa voiture par des manifestants avant que l'altercation ne dégénère.

Une exaspération qui se ressentait également aux arrêts de bus de la rue de la République en début de soirée. « On comprend qu'ils défendent leurs acquis, mais il y a un ras-le-bol général, explique Caroline, habitante de la Croix-Rousse travaillant à Villeurbanne. Le matin, au boulot, c'est le sujet de discussion principal. » Beaucoup, cependant prennent leur mal en patience en espérant un geste commercial de la part de la direction. « C'est le minimum qui puisse être fait pour les usagers qui subissent cette galère », témoigne Jade, 23 ans. W

F. C. et C. B.