Des prisons sur le point d'être graciées

Elisa Frisullo

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Ce projet de reconversion de Perrache prévoit notamment de créer une université.
Ce projet de reconversion de Perrache prévoit notamment de créer une université. — DUMETIER DESIGN ARCHIpat

Les anciennes maisons d'arrêts de Perrache devraient échapper à la démolition à laquelle elles étaient condamnées il y a encore quelques mois. C'est en tout cas la volonté qu'a affichée le préfet du Rhône en dévoilant hier, dans les grandes lignes, les projets déposés dans le cadre de l'appel à idées sur l'avenir des prisons.

Au total, seize candidats français et européens - des architectes pour l'essentiel, des riverains de Perrache et l'Université catholique de Lyon - ont participé à cette procédure. Cette dernière avait été lancée cet été par l'Etat pour faire émerger des pistes de reconversion pour ces bâtiments vétustes du XIXe siècle (lire encadré).

« Ces projets me donnent la conviction que l'on peut conserver tout ou partie des prisons sans altérer leur valeur financière », a indiqué le préfet Jacques Gérault. Mais pour échapper aux buldozers, ce site de 24 000 m2 situé à deux pas du quartier du Confluent (2e) devra trouver preneur rapidement. « Le produit de cette vente fixée à 25 millions d'euros servira entièrement à construire de nouvelles prisons plus humaines et acceptables », a insisté le préfet.

Dès le mois de janvier, un appel d'offres sera lancé pour l'acquisition des terrains. Les promoteurs, les établissements ou collectivités intéressés auront jusqu'à fin mai pour rendre leur dossier. Les prisons pourraient alors être cédées à l'automne 2010. Il faudra ensuite un an pour que les architectes élaborent leurs projets et déposent les permis de construire. « Les travaux pourraient débuter au deuxième semestre 2011 », ajoute Jacques Gérault, qui pour ne pas braquer d'éventuels acheteurs, se refuse à protéger dès maintenant les prisons de Perrache. Comme pour l'ancienne prison Montluc, actuellement reconvertie en mémorial de la résistance, une partie des bâtiments carcéraux pourraient être classés au patrimoine protégé, une fois que les projets immobiliers seront retenus. W