Une luxueuse reconversion, sans relief

Carole Bianchi

— 

L'hôtel-Dieu pourrait accueillir un grand hôtel, des commerces et des bureaux.
L'hôtel-Dieu pourrait accueillir un grand hôtel, des commerces et des bureaux. — DR

Les grandes lignes de l'avenir de l'hôtel-Dieu (2e) sont tracées. Le comité de pilotage, chargé de plancher sur la réhabilitation de l'établissement hospitalier, s'est réuni vendredi pour fixer les bases d'un programme de reconversion. Les bâtiments, datant du XIIe siècle, ne sont plus adaptés aux besoins d'un hôpital moderne et seront vidés de leurs activités médicales d'ici à 2011.

Selon le calendrier avancé par le maire PS de Lyon, Gérard Collomb, l'hôtel-Dieu devrait donc accueillir pour la fin 2014 un hôtel « de classe internationale » avec 150 chambres et une entrée symbolique à hauteur du grand dôme qui donne sur le quai Jules-Courmont. Autour, viendront s'ajouter quelque 5 000 m2 de commerces, principalement de décoration, de design et de restauration. Enfin, des bureaux haut de gamme seront destinés aux secteurs de la banque, des assurances, des finances, de la santé et de la recherche.

A proximité du Carré d'or, cette « adresse de prestige », comme la qualifie déjà la ville, serait également dotée d'un centre de remise en forme, d'un centre de séminaires et inciterait les Lyonnais « à la déambulation et à la promenade ».

« Nous aurions pu réfléchir à une reconversion depuis longtemps. Mais le maire a décidé, sans concertation, d'en faire un projet complètement banal, a dénoncé le maire du 2e, Denis Broliquier, dans l'opposition (Ensemble pour Lyon). C'est comme s'il avait à gérer des mètres carrés ordinaires alors que ce bâtiment emblématique a été payé par des générations de Lyonnais grâce aux dons. » Selon l'élu, qui souhaite créer un comité de défense, Gérard Collomb verrait l'hôtel-Dieu comme « un boulet financier dont il doit se débarrasser au plus vite ». Le maire de Lyon rétorque qu'il veut inscrire le site « dans le rayonnement international de la métropole » et qu'il existe encore un déficit d'hôtels de luxe destinés à la clientèle d'affaire. Mais l'unique repreneur, qui devrait être choisi en juillet 2010, devra avoir les reins solides. Le montant de la restauration de l'hôtel-Dieu, en partie classé aux monuments historiques, s'élèverait à 120 millions d'euros, selon le comité de pilotage. La difficulté de trouver des investisseurs pour le futur quartier de luxe Grôlée et les nombreux bureaux vacants actuellement en Presqu'île pourraient en refroidir plus d'un. W