Les fraudes à la carte à l'écart

Carole Bianchi

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Il y a le langage officiel et celui des chiffres. Le ministère de l'Intérieur a lancé le 6 janvier une campagne de lutte contre les escroqueries pour inciter les victimes à porter plainte. Or, la préfecture du Rhône demande depuis cet été à ses fonctionnaires de police d'enregistrer uniquement une main courante pour les fraudes à la carte bancaire dans le cadre d'« achats à distance par Internet, téléphone ou correspondance ». Evitant ainsi toute procédure judiciaire.

Dans une note du 7 juillet, dont 20 Minutes a obtenu une copie, qui a « pour objet de préciser les conditions dans lesquelles doivent être prises les déclarations », la direction départementale du Rhône explique que les victimes doivent contester la fraude auprès de leur banque « sans qu'un dépôt de plainte préalable soit nécessaire ».

Selon une source, plusieurs commissariats de l'agglomération se sont indignés de cette note « contraire à la déontologie ». « La hiérarchie nous a clairement expliqué que c'était dans le but d'atténuer les mauvais chiffres. » Le taux d'élucidation de ce genre d'escroquerie en constante augmentation serait assez faible dans le Rhône, les usurpateurs étant plus difficiles à retrouver sur le Net. « Le problème, c'est qu'on ne cherche plus du tout le délinquant avec cette pratique. C'est très préjudiciable pour les victimes », relève un fonctionnaire, sous couvert d'anonymat. W