une salariée dénonce insultes et humiliations

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Martine* se souvient encore « de crampes d'estomac insoutenables » et des vomissements chaque matin avant d'aller au travail. Cette jeune femme, âgée de 28 ans, est l'une des trois salariées partie civile dans le procès de DHL. Elle est arrivée en 2005 sur le site de Vénissieux pour un contrat de professionnalisation d'un an. Avec un poste de manager à la clé.

Au début, son responsable, jugé aujourd'hui pour « harcèlement moral », l'encensait. « J'étais l'une de ses protégées. Je travaillais dans son bureau. Il voulait me faire évoluer comme lui », raconte Martine. Jusqu'au jour où, en décembre, son sujet de mémoire ne lui convient pas. « Il a voulu me licencier. J'ai refusé en pensant que je pourrais tenir six mois. » C'est à ce moment que le cauchemar a débuté. Martine se retrouve à trier le courrier, faire le café et porter les colis. Elle se fait insulter et ne parle pas avec ses collègues de peur d'être changée de place. « Le pire c'est cette ambiance de travail. Personne n'ose le contester car tout le monde se sent redevable. C'est très vicieux. » Dans ce service, « le plus rentable », la pression est constante, les femmes enceintes « inutiles ». « Tout le monde fait dix heures par jour. » Cette tension, vécue pendant six mois, rend Martine « incapable » de s'intégrer dans le monde de l'entreprise. « Je perds tous mes moyens », souffle-t-elle écoeurée par la « course au profit ». Embauchée dans une association, elle « se reconstruit tout doucement ». Et espère que ces pratiques seront « punies ». Avant qu'un drame ne se produise. W

C. B.

* prénom d'emprunt