Procès inédit pour harcèlement

Carole Bianchi

— 

Il a instauré la terreur dans son service. La société de transport et de fret DHL ainsi que l'un de ses cadres dirigeants comparaissent cet après-midi devant le tribunal de grande instance de Lyon pour « harcèlement moral » sur plusieurs employés du site de Vénissieux. Ce procès devrait être particulièrement suivi alors que les suicides liés aux conditions de travail chez France Télécom viennent d'être mis au grand jour.

C'est le procureur de la République de Lyon, alerté par l'inspection du travail, qui a décidé de renvoyer l'affaire de DHL en correctionnelle. Une procédure assez rare puisque ce genre de litiges se règle la plupart du temps devant les prud'hommes. Depuis 2002, ce service dédié à l'envoi de colis vers l'Europe fait l'objet de méthodes de management pour le moins contestées.

Dans une enquête indépendante demandée par les délégués du personnel, les femmes du bureau expliquent être appelées et traitées comme des « femelles ». « C'est plus qu'une affaire de personne. C'est une méthode cautionnée par DHL qui a engendré des problèmes de dépression et des démissions », indique l'avocat des parties civiles Alain Duflot. Outre le comité d'entreprise de DHL et la CGT-Vénissieux, seulement trois salariées se sont portées partie civile. « Il y a comme une chape de plomb sur la société. Les victimes ne préfèrent pas réagir», relève l'avocat. W