La tour UAP disparaît peu à peu du paysage

Frédéric Crouzet

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Le permis de démolir, accordé le 31 août, a été accroché sur les palissades qui longent l'avenue Garibaldi, où un panneau annonce déjà des sorties de camions. Quelques ouvriers s'affairent désormais au rez-de-chaussée du parking, socle du massif bâtiment de verre teinté et de béton. Avec ses 74 m, la tour UAP fut l'un des plus hauts immeubles de Lyon lors de sa construction, en 1972, à l'angle-Lafayette-Garibaldi (3e). Elle vit à présent ses derniers jours.

Vide depuis quinze ans, le bâtiment fantôme qui surplombe les Halles de Lyon doit laisser sa place à la future tour Incity, un projet de gratte-ciel de 200 m de hauteur prévu pour 2013. Durant plusieurs semaines, l'édifice va d'abord subir un « curage vert » : il va être débarrassé de ses éléments intérieurs, sols, gaines, radiateurs, cloisons. Puis, en janvier 2010, les façades seront découpées en morceaux, étage par étage, et évacuées à l'aide d'une grue. Chaque jour, une dizaine de camions vont se relayer pour enlever quelque 14 000 m3 de gravats.

Le promoteur Sogelym-Steiner, propriétaire depuis 2006 de cet ensemble immobilier de 2 000 m2, a choisi la méthode douce pour raser la tour. Dans un quartier dense, déjà traumatisé par l'explosion de gaz de février 2008 qui avait entraîné une longue coupure de la circulation sur le cours Lafayette, un foudroyage de l'immeuble était difficilement envisageable. D'autant qu'il aurait provoqué la fermeture des Halles Paul-Bocuse, le ventre de Lyon. Impensable.

« Mais nous sommes inquiets. C'est le flou total, soupire le boulanger Claude Polidori, président des commerçants des Halles. On ne sait pas s'il y aura des rues fermées à la circulation, ni comment nous serons protégés du bruit et de la poussière. Nous allons souffrir pendant et après les travaux. Car la nouvelle tour, occupée par 2 500 personnes, n'aura pas de parking. Où vont se garer nos clients ? », s'interroge-t-il. W