« Il faut Aider les structures à devenir des micro-entreprises »

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En juin, le Collectif des Musiques actuelles de l'agglomération lyonnaise a alerté l'opinion sur la disparition des petites structures de diffusion. Avez-vous avancé depuis ce coup de gueule ?

Largement ! Cela fait plus d'un an qu'on travaille avec le C-Mal. Nous sommes face à un écosystème complexe avec des petits lieux et des plus gros. Sans oublier les festivals. A côté des grosses institutions, Lyon a encore plus besoin de soutien à la création, celle qui émerge des petites structures. Ça vaut aussi pour les arts plastiques, le théâtre et la danse.

Comment faire dans un contexte de crise ?

Ne pas soutenir le premier niveau de création, c'est se priver demain d'une scène lyonnaise. Il faut donc en assurer la pérennité, notamment avec le système des scènes découvertes qui aident A Thou Bout d'Chant, le Marché Gare. Pour la première fois, nous allons aider le Sonic par exemple. L'ouverture de nouveaux lieux de répétition est aussi importante. Ensuite, nous essayons de voir comment la collectivité peut aider les groupes à passer un cap sans forcément les subventionner à mort pour éviter de mettre un doigt dans l'engrenage.

Par quels moyens ?

On s'est rapproché du Grand Lyon pour voir comment ces structures peuvent fonctionner comme des micro-entreprises avec des outils économiques spécifiques, ce qui ne se faisait pas avant. Bref, leur apprendre à gérer une boîte au lieu d'évoluer dans une espèce de romantisme qui est propre au milieu.

Certains vont donc voire leurs subventions diminuer...

On ne peut pas continuer à soutenir tout le monde de la même manière, sauf à devenir un système de saupoudrage tellement ridicule que vous finissez par ne plus aider personne. J'ai la volonté d'apporter le soutien à une filière et non plus à des personnes au sein de cet ensemble. Il faut voir comment chacun peut y trouver sa place. Il est clair qu'on ne pourra pas sauver tout le monde. Mais, ce qu'on voudrait, c'est que ces nouveaux axes de travail soient la garantie d'une qualité de création.

Vous estimez que l'attribution des subventions est inéquitable ?

Je ne dénonce rien du tout. Je dis simplement que quand l'économie était brillante et le public au rendez-vous, la question ne se posait pas. Aujourd'hui, on est confronté à des choix car le secteur est en crise. Le budget alloué à la culture ne bougera pas mais c'est l'occasion de chercher de nouvelles pistes de fonctionnement. Comme la mobilisation de fonds privés au titre du mécénat qui pourrait soutenir l'activité d'une salle. A la fondation Bullukian, par exemple, une exposition a été soutenue par une agence d'expert-comptable.

Vous évoquiez également le regroupement de plusieurs manifestations d'un même secteur...

C'est une piste qui commence à intéresser les acteurs du livre notamment avec le Printemps des poètes, Quais du Polar et le Festival du livre. L'objectif serait d'éviter les machines à gaz et de réunir l'ensemble des budgets pour organiser un mois du livre dans l'agglomération en faisant davantage de bruit et en touchant plus de monde. C'est une véritable révolution culturelle de faire comprendre qu'un événement phare peut se tenir à Villeurbanne ou à Bron.

Les secteurs culturels sont-ils tous prêts selon vous à accepter ces changements ?

Le secteur des musiques actuelles a déjà un souci de rentabilité prononcé. Pour le théâtre, ce sera peut-être un peu plus long à mettre en oeuvre. W

recueilli par C. B.