Le cinéma Opéra à bout de souffle

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L’Opéra paraît proche de son dernier acte. La vie du cinéma de la rue Joseph-Serlin (1er) et de la salle associée impasse Saint-Polycarpe n’est plus suspendue qu’à un fil. Le tribunal de commerce de Lyon doit rendre, mardi prochain, un jugement qui sonne déjà comme le glas pour les deux écrans d’art et essai nés dans l’effervescence cinéphilique de la fin des années 70, mais aujourd’hui visiblement à bout de souffle. Assignée en justice par l’Ursaff et les Assedic, la Sarl Cinéma Opéra est en redressement judiciaire depuis le 27 avril, placée pour trois mois sous mandat d’un administrateur. Les deux salles avaient connu un premier redressement en 1999, suivi d’un dépôt de bilan. Mais l’activité avait pu continuer grâce à la création d’une nouvelle société, qui n’avait pas eu à supporter les créances. Cinq ans après, les dettes totales accumulées avoisinent les 150 000 e. Malgré une subvention exceptionnelle de 25 000 e votée par la ville de Lyon l’an dernier, un sauvetage de la petite entreprise (sept salariés, dont trois à temps plein) semble difficile et la mise en liquidation probable. Les deux cinémas connaissent depuis des années un effritement de leur fréquentation, alors que les autres salles d’art et essai de la Presqu’île réussissent à maintenir peu ou prou leurs niveaux d’entrées. La faute, peut-être, à une programmation parfois chaotique : quelques exclusivités, des rétrospectives, quelques bobines de répertoire, des films cultes, mais peu d’inédits. Un saupoudrage qui a empêché le Cinéma Opéra de se positionner clairement sur la carte de la cinéphilie lyonnaise et qui risque de lui être fatal, définitivement, le 27 juillet. Frédéric Ponsard

histoire Le Cinéma Saint-Polycarpe a vu le jour en 1976 sous l’impulsion d’un collectif de cinéastes expérimentaux. La salle du Cinéma Opéra (ex-CNP Opéra et ex-porno), rue Joseph-Serlin, a été reprise en 1983.