Preuves bancales au tribunal

Elisa Frisullo

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Une à une, les charges qui pesaient contre eux se sont effondrées

hier au cours de l'audience. Le procureur a pourtant requis de la prison avec sursis (jusqu'à six mois) à l'encontre de deux étudiants de Lyon-II poursuivis devant le tribunal correctionnel pour « dégradations, violences avec arme par destination et rébellion ». Alexandre et Tayeb, deux membres de la Fédération syndicale étudiante mobilisés contre les décrets Pécresse, avaient été interpellés le 27 avril rue Chevreul (7e), quelques heures après des incidents survenus lors du vote organisé par la fac sur le blocage. A 15 h, ce jour-là, des heurts éclatent entre les vigiles chargés de surveiller le scrutin et des étudiants grévistes. Les agents lancent des gaz lacrymo, auxquels les bloqueurs répondent par des jets de chaises, de tables et de pétards.

Les vigiles accusent alors Alexandre et Tayeb de faire partie des fauteurs de troubles et donnent leur description à la police, appelée en renfort à l'extérieur de la fac. Une version niée en bloc hier par les deux étudiants. Dans leurs dépositions, les vigiles eux-mêmes se contredisent. « Ils mettent en cause les mêmes personnes au même moment dans des endroits différents », insiste l'avocat des prévenus, Olivier Forray, réclamant la relaxe de ses clients. Le jugement a été mis en délibéré au 1er juillet. W