Prostitution : Mathilde Davril, escort girl à Lyon, livre son expérience après dix ans de son « activité décriée »

PROSTITUTION À l’occasion de la sortie de son livre « 300 de l’heure, le prix de ma liberté » (Max Milo), Mathilde Davril évoque sans fard ses dix années d’expérience comme escort girl à Lyon

Lucas Marcellin
— 
Dans son livre, Mathilde Davril tient à poser en femme libre de ses choix, pas en victime.
Dans son livre, Mathilde Davril tient à poser en femme libre de ses choix, pas en victime. — Lucas Marcellin
  • Après dix ans d'escorting à Lyon, Mathilde Davril a écrit un livre pour témoigner à visage découvert sur une activité controversée.
  • Après avoir enchaîné les rencontres décevantes, elle a décidé, seule, de s'inscrire sur un site de rencontres tarifées à l'âge de 28 ans.
  • Désormais, elle souhaite voir adapter son livre au cinéma ou sur le petit écran.

Après dix ans dans le métier de la prostitution à Lyon, Mathilde Davril a ressenti le besoin de consigner son expérience. Elle vient de sortir un livre : 300 de l'heure, le prix de ma liberté​, aux éditions Max Milo. Si Mathilde est son deuxième prénom, et Mathilda son nom d’escort, le pseudonyme de Davril, lui, a été choisi par sa mère. Il lui permet de témoigner sur sa profession à visage découvert, sans dévoiler sa véritable identité.

Car Mathilde se « prépare depuis des mois » à recevoir des critiques sur son « activité décriée ». Si cette femme de 38 ans « conçoit parfaitement » la méfiance que les gens peuvent avoir à l’égard de sa profession, il lui semblait nécessaire de parler de son expérience. « J’ai énormément de consœurs qui sont ravies que l’une d’entre nous ose témoigner à visage découvert, explique-t-elle. Elles sont contentes que je change les choses, qu’on puisse vivre de manière libre, comme n’importe quel travailleur et citoyen. »

Elle choisit ses clients et ses prestations

Changer les choses ? Mathilde Davril déclare en effet qu’elle en a assez de « l’image de la prostituée comme une jeune femme perdue, qui se drogue, qui a beaucoup de problèmes, et qui ne peut rien faire d’autre que vendre ses fesses », dit-elle. Pour autant, elle n’oublie pas que la prostitution est rarement un choix, et que les clients peuvent être violents. Mais elle juge important de rappeler que des femmes comme elle, des « trentenaires lambda », vendent leur corps de leur plein gré.

C’est à 28 ans qu’elle a franchi le cap pour la première fois : « En tant que célibataire, on utilise des applis de rencontres, les hommes nous invitent au restaurant, nous offrent des verres en boîte… Ils payent pour obtenir du sexe et une fois qu’ils l’ont eu, ils disparaissent. J’ai donc eu le sentiment d’être une prostituée gratuite. Et je me suis dit que j’allais pousser le bouchon un peu plus loin », explique-t-elle.

Depuis, Mathilde Davril sélectionne ses clients, et choisit ce qu’elle accepte, ou non, de faire. Ce n’est pas parce qu’elle est escort girl qu’elle est devenue « un produit Amazon que tu commandes en un clic », précise-t-elle. Se définissant comme « libre et indépendante » depuis toute petite, elle ajoute : « Ce n’est pas parce qu’ils me payent que je dois être redevable. Au contraire, c’est moi la patronne. C’est moi qui décide ce que j’accepte ».

Des adaptations possibles à l’écran

Aujourd’hui, Mathilde continue de pratiquer l’escorting. Mais après un an à s’être consacrée à ce livre, elle songe désormais à lui donner vie : « J’ai d’autres projets qui sont liés au livre, comme une série et un film. C’est encore en pourparlers, j’en discute avec une scénariste et un agent », annonce la jeune femme.

Désormais, Mathilde n’attend plus vraiment rien de l’amour, mais elle n’exclut pas de former un jour un couple. Elle tient cependant à le prévenir : maintenant, pour la jeune femme, c’est « soit tu me payes, soit tu m’épouses ».