Lyon : Quel avenir pour l’hôpital Henry-Gabrielle ?

DANS LE FLOU Depuis 2016, patients et soignants attendent de connaître l’avenir de l’hôpital Henry-Gabrielle, situé à Saint-Genis-Laval (Rhône). Sans nouvelles des HCL, son comité de défense appelle les élus lyonnais et de la métropole à prendre position

L.M
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L'hôpital Henry Gabrielle, à Saint-Genis-Laval, est spécialisé dans la rééducation de patients handicapés.
L'hôpital Henry Gabrielle, à Saint-Genis-Laval, est spécialisé dans la rééducation de patients handicapés. — comité de défense de l'hôpital Henry Gabrielle
  • En 2016, les HCL avaient annoncé le transfert de l’hôpital Henry-Gabrielle vers celui de Desgenettes, un projet avorté en 2021. A la place, a été proposée une rénovation d’Henry-Gabrielle ou la création d’un nouveau bâtiment dans l’enceinte du Vinatier, à Bron.
  • Une association composée de soignants, de patients et de sympathisants milite pour la rénovation du site.
  • Sans nouvelles des HCL, le comité de défense de l’hôpital Henry-Gabrielle appelle la ville de Lyon et la métropole à prendre position.

« Il faut que Grégory Doucet et la métropole prennent une position forte », clame le comité de défense de l’hôpital Henry Gabrielle. En 2016, les Hospices civils de Lyon avaient annoncé la fermeture de l’hôpital de Saint-Genis-Laval pour 2021. Depuis, le flou règne autour de l’avenir de l’établissement spécialisé dans la rééducation des personnes handicapées.

A ce jour, deux propositions ont été faites : un transfert dans l’enceinte du Vinatier, dans le 8e arrondissement de Lyon, qui nécessiterait la construction de nouveaux bâtiments, ou la rénovation du site. Les deux projets ont été estimés aux alentours de 70 millions d’euros. Les autorités avaient d’abord imaginé un transfert des compétences d’Henry-Gabrielle à l’hôpital Desgenettes, un projet avorté en 2021, avant la dissolution de l'hôpital militaire.

« Aberrant » de « bétonner un bout du parc du Vinatier »

Le comité de défense d’Henry-Gabrielle, lui, n’a jamais varié et défend la rénovation de l’édifice au plus vite. « Le temps joue contre nous, à force d’attendre, le site est de plus en plus vétuste », déclare Didier Machou, vice-président du comité.Mobilisée depuis 2016, l’association dénonce le non-sens de transférer l’hôpital. « C’est un site boisé exceptionnel de 10 ha qui dispose surtout d’un vrai savoir. Aller bétonner un bout du parc du Vinatier pour se retrouver enclavé dans la ville, c’est aberrant. »

Pour les patients aussi, partir du site de Saint-Genis-Laval serait une catastrophe. Corinne Andrieux, ancienne soignante, est atteinte de la maladie de Parkinson. Elle est suivie à l’hôpital Henry-Gabrielle et n’imagine pas faire ses soins ailleurs. « Ce n’est pas possible de partir d’ici. Le cadre, c’est 50 % de la rééducation, il permet de s’évader de nos conditions, parfois difficiles à supporter. Quand ça ne va pas, je vais marcher au fond du parc et je crie pour laisser sortir ma peine », confie-t-elle. Sportive assidue avant que sa maladie ne se déclare, elle insiste sur l’importance des infrastructures. « L’hôpital dispose d’une piste d’athlétisme, d’un terrain de tennis. J’ai pu réapprendre à courir. Le sport, c’est mon deuxième médicament : où est-ce que je pourrais courir au Vinatier ? »

« Pourquoi ne pas aller au bout du processus ? »

Didier Machou ne comprend pas cet enlisement, d’autant que des travaux de rénovation ont déjà été entrepris. « Le gymnase a été agrandi, la climatisation a été installée. Pourquoi ne pas aller au bout du processus, tout simplement ? », questionne le vice-président de l’association. Depuis un an maintenant, les défenseurs de l’hôpital Henry-Gabrielle sont sans nouvelles des HCL.

Contactés par 20 Minutes, les Hospices civils et la ville de Lyon n’ont pas souhaité communiquer sur le sujet. Les bénévoles de l’association se tournent vers les élus de la ville et de la métropole en qui ils placent leurs espoirs. « De ce qu’il ressort de nos échanges, j’ai l’impression qu’ils sont de notre côté. Il faudrait qu’ils le clament haut et fort, maintenant », fait remarquer Corinne Andrieux.