Lyon : La « grande bouffée d’oxygène » de Kévin, finaliste du concours de L’Eloquence du bégaiement

CONCOURS La finale du concours de L’Eloquence du bégaiement se déroule ce samedi 2 avril à l’EM Lyon Business School

Lucas Marcellin
— 
Kévin Montégu s'entraîne pour la finale de L'Eloquence du bégaiement.
Kévin Montégu s'entraîne pour la finale de L'Eloquence du bégaiement. — Manda.Rak
  • Kévin Montégu est l’un des six finalistes du concours de L’Eloquence du bégaiement, qui a lieu ce samedi 2 avril à l’EM Lyon Business School.
  • Atteint de bredouillement, il accélère ses phrases, mâche ses mots et éprouve des difficultés à se faire comprendre.
  • Grâce au concours, il a su prendre confiance en lui et en ses qualités d’orateur. Il veut maintenant impressionner le jury avec un discours final authentique et sincère.

À l’approche du concours de L’Eloquence du bégaiement, qui a lieu ce samedi 2 avril à l' EM Business School à Lyon, le finaliste Kévin Montégu ne semble pas stressé. Au contraire, ce sera l’occasion de se « surpasser », de « parler de lui et d’être plus authentique ».

Mais si Kévin est arrivé aussi loin, il doit cela à un concours de circonstances. Alors que les inscriptions étaient sur le point de se clôturer, il reçoit une pub dans sa boîte mail et en parle à son orthophoniste : « Elle m’a dit que ce serait une aventure humaine extraordinaire, j’ai donc suivi son conseil, et elle avait raison », précise Kévin.

Prendre confiance en soi

Pour le finaliste, ce concours c’est aussi une « grande bouffée d’oxygène ». Ses adversaires, comme lui, sont tous atteints d’une forme de bégaiement. Pour Kévin, c’est le bredouillement : « Je ne suis pas symptomatique bègue, précise-t-il. Je mâche des mots, j’articule mal, je parle naturellement vite. Je peux être inintelligible pour les autres, mais moi je me comprends quand je parle. »

C’est par les formations et entraînements proposés pour le concours que le finaliste a pu améliorer son débit de parole. Mais il a aussi appris à prendre davantage confiance en lui. C’est également dans le jeu de regards que Kévin a dû faire des efforts : « Moi, j’ai du mal à regarder les gens dans les yeux. C’est un miroir et on a peur de la réaction de l’autre, explique-t-il. Donc on apprend à regarder tout le monde, pour que le public se sente regardé sans vraiment le faire. C’était mon premier défi. »

Un discours très personnel

Et des défis, il en veut toujours plus. Pour la finale, si l’un de ses objectifs est de se « détacher du texte et être plus éloquent », il veut surtout pouvoir être « plus authentique ». Son sujet, « Peut-on vivre sans la parole », où il va plaider le contre face à son adversaire, l’a d’ailleurs beaucoup inspiré : « Je vais dévoiler des choses que personne ne sait sur moi. Quitte à être moins éloquent, je vais parler de moi », confie Kévin.

C’est donc ce samedi 2 avril, à partir de 14 heures, qu’il aura l’occasion de toucher le cœur du public et du jury. Et peut-être devenir le meilleur orateur bègue de l’année.