La maison d'arrêt de Corbas prend le relais des prisons de lyon

Elisa Frisullo photos : laurent cerino

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Ils ont été réveillés au beau milieu de la nuit pour quitter leurs misérables geôles et gagner les modernes cellules de Corbas. Après six mois de préparation, le transfert des 450 détenus des prisons de Lyon (2e) vers la nouvelle maison d'arrêt située à 15 kilomètres de là, en pleine zone industrielle, s'est déroulé hier sans encombre. La valse des convois a débuté à 4 h du matin dans le quartier de Perrache, partiellement bouclé, pour s'achever en début d'après-midi, après le départ d'une trentaine de fourgons. Au total, un millier de gendarmes, CRS, personnels pénitentiaires et membres des équipes régionales d'interventions et de sécurité ont participé à cette opération, la plus importante jamais réalisée en France. Toutes les 20 minutes, un fourgon occupé par 16 détenus quittait Perrache pour rejoindre Corbas, escorté par des motards, des véhicules de la gendarmerie et un hélicoptère. « Les prisonniers les plus dangereux ou agressifs (une cinquantaine) ont été transférés par convois de huit, pour lesquels nous avons renforcé l'escorte et la surveillance des itinéraires », a indiqué Jean-Philippe Guérin, commandant du groupement de la gendarmerie du Rhône.

Informés de leurs futures conditions de détention grâce au canal vidéo interne de la prison, les détenus sont dans leur majorité restés calmes pendant le transfert. « Quelques-uns ont refusé d'obtempérer, il y a eu quelques petits mouvements ici ou là, mais très limités », a précisé hier Denis ­Perrin, directeur interrégional des services pénitentiaires Rhône-Alpes-Auvergne. Malgré la modernité et la propreté de la maison d'arrêt de Corbas, certains ont quitté la mort dans l'âme les prisons lyonnaises, pourtant surnommées la « Marmite du diable ». « Ici, ils discutaient avec leurs familles depuis les fenêtres, les parloirs sauvages étaient monnaie courante. Ce qui n'est pas possible à Corbas où un glacis de 80 mètres entoure la prison », ajoute le colonel Guérin. Dans les nouveaux bâtiments, les prisonniers gagnent en confort, chaque cellule disposant d'une douche et de toilettes aménagées à l'abri des regards. Et des salles de musculation, de classe, de culte, un terrain de football et des ateliers de travail sont désormais à disposition des prisonniers, que vont bientôt rejoindre les anciennes détenues de Montluc. W