Méga transfert de prisonniers à Lyon

DEMENAGEMENT Près de 500 détenus doivent changer de prison à Lyon, dimanche, quittant les locaux vétustes de Perrache pour un bâtiment flambant neuf...

A Lyon, Elisa Frisullo

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AFP / FRED DUFOUR

Les détenus lyonnais vivent leurs derniers instants dans les sinistres geôles des maisons d'arrêt Saint-Paul et Saint-Joseph. Après un siècle et demi d'existence, les prisons de Perrache (2e) fermeront leurs portes ce week-end, à l'heure où le nouvel établissement de Corbas sera mis en service.

L'administration pénitentiaire s'apprête en effet à réaliser, probablement dimanche, le plus gros transfert de détenus jamais réalisé en France. «On ne pouvait pas faire fonctionner les deux établissements en même temps», indique le directeur des prisons de Lyon Georges Boyer.

Un transfert sous haute sécurité

Les 500 prisonniers seront donc transférés le même jour, sous haute sécurité. Pendant le déménagement, le quartier de Perrache risque de se transformer en forteresse, quadrillée de toutes parts par des centaines de policiers et gendarmes.

En quittant le quai Perrache, les détenus et les gardiens laisseront derrière eux des bâtiments parmi les plus vétustes de France, aux conditions d'hygiène déplorables, pour découvrir des cellules du XXIe siècle.

Douches, écrans plats et interphones

Première nouveauté: les prisonniers, qui ne pouvaient se doucher que trois fois par semaine, dans une pièce commune, bénéficieront dans chaque cellule (double ou simple) d'une petite salle de douche.

Toutes les geôles sont équipées d'un écran plat, d'un frigo et d'un interphone permettant d'alerter les gardiens en cas de problème. «Tout le monde attendait ça depuis des décennies. On a un bel outil, du beau matériel qui fonctionne», se réjouit René, gardien à Lyon depuis 25 ans.

Un entrain que ne partage pas totalement l'Ufap, syndicat majoritaire du personnel pénitentiaire. «Tout ce qu'on gagne en hygiène et en confort, on le perd en rapport humain», explique Emmanuel Chambaud, délégué Ufap. «Aujourd'hui, derrière chaque porte qui s'ouvre, il y a un surveillant. A Corbas, tout est automatisé. On va perdre ce contact entre gardien et gardés qui permettait de maintenir l'équilibre dans la prison », s'inquiète-t-il.