La chasse aux PCB est ouverte à lyon

Sandrine Boucher

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Ce fut une formidable découverte du début du XXe siècle. Avec les polychlorobiphényles (PCB), on avait un produit isolant, lubrifiant, ininflammable, résistant à des températures de 1 000 °C. Quasiment indestructible. Les PCB ont connu un grand succès industriel, qui, une fois leur toxicité reconnue, s'est transformé en cauchemar écologique et en casse-tête scientifique. Comment se débarrasser de ces « Robocop » chimiques ? A la demande du ministère de l'Environnement, un programme de recherche appliquée vient d'être lancé à Lyon, au sein du pôle de compétitivité Axelera (chimie-environnement). Associant laboratoires publics et industriels, il dispose de 10,5 millions d'euros, sur quarante mois.

L'équipe de Roberto Geremia, directeur de recherche au CNRS, pilote ainsi une étude baptisée « Champignons mangeurs de PCB ». Il s'agira d'aller chercher les champignons dans les sols pollués aux PCB, de sélectionner les plus efficaces, de les « booster » génétiquement. Roberto Geremia rêve de pouvoir ainsi « traiter directement les sols contaminés ». Même espoir chez Catherine Morlay (CNRS-Lyon-I), qui travaille sur les charbons actifs, pour leur faire jouer le rôle de piégeurs de PCB. Les charbons actifs ne générant pas de pollution, « on pourrait les déposer sur les sédiments, et les laisser. Leur action se prolonge dans le temps », explique-t-elle. D'autres recherches s'intéressent aux bactéries capables de « casser » les PCB en en retirant le chlore, ce qui permet de les « composter » ensuite plus facilement. Côté industriels, Atanor, une PME ­d'Irigny, cherchera à améliorer les techniques existantes d'incinération des PCB. « Nous n'aurons pas une seule solution, mais une combinaison de technologies. Dans trois ans, nous seront plus intelligents », espère Pascal Dauthuille, de Suez-Environnement. Et plus riches : les retombées de ces recherches sont évaluées à 250 millions d'euros de chiffre d'affaires par an. W