Lyon : « Embouteillée » mais si « attractive »… les Lyonnais clament leur amour-haine pour leur ville

VOTRE VIE, VOTRE AVIS La capitale des Gaules est-elle la ville la plus stressante de France, après Paris, comme l’a annoncé un récent sondage ? Les témoignages de lecteurs de « 20 Minutes » confirment l’adage : « Qui aime bien châtie bien »

Jennifer Lesieur
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Lyon, ses fleuves, ses collines, ses traboules... Pour ne pas être stressé, mieux vaut la parcourir sur le dos d'un oiseau.
Lyon, ses fleuves, ses collines, ses traboules... Pour ne pas être stressé, mieux vaut la parcourir sur le dos d'un oiseau. — ISA HARSIN/SIPA
  • Lyon est arrivée avant-dernière d’un classement sur les villes les moins stressantes de France. Justifié ou injuste ? Nous avons recueilli vos témoignages.
  • L’écrasante majorité des griefs concernent les difficultés à circuler dans Lyon, que ce soit en voiture, en vélo ou à pied.
  • Les Lyonnais apprécient toutefois la qualité culturelle, économique, patrimoniale de cette grande ville idéalement située entre mer et montagnes.

Le 12 janvier, un classement du Figaro consacré aux villes les moins stressantes de France reléguait Lyon en avant-dernière place de la liste, juste devant Paris. Critiquée pour ses embouteillages, l’omniprésence du bruit urbain, notre bonne ville faisait pâle figure, jusqu’à oublier ce qui en a fait la « première destination à visiter en 2022 »  selon les World Travel Awards. Mais qu’en pensent ses habitants ?

Les lecteurs lyonnais qui ont répondu à notre appel à témoignages n’ont pas mâché leurs mots. « Lyon est une ville très stressante !, lâche Sophie. Faut qu’elle prenne du Xanax. En une semaine, j’ai pu assister à trois vols à l’arraché, quatre accidents de vélos, sans oublier un harcèlement de rue désagréable au possible. »

« Trop de tout » en trente ans

Murielle a constaté bien des changements depuis trente ans, aboutissant à « trop de tout : voitures, personnes, bruit, chaleur. Nous avions choisi Lyon, car c’était une ville bien située entre mer et montagne. Alors oui, au début, l’accès était facile, rapide et très dépaysant. Aujourd’hui c’est galère, engorgé dès le vendredi en fin d’après-midi. De plus, il y fait bien trop chaud. »

Parmi la centaine de témoignages recueillis, presque tous déplorent les difficultés pour circuler. Pour Jean-Charles, « la circulation est affreusement stressante avec les vélos et trottinettes qui ne respectent ni le Code de la route ni les règles élémentaires de prudence. Le stationnement est devenu une problématique majeure dans les déplacements qui ne peuvent pas tous être réalisés en transport en commun (handicap, horaires…) » Claude renchérit : « La voie publique est devenue une jungle : les piétons n’ont plus leur place entre vélo, trottinette et autres bidules électriques. »

« La reine des embouteillages »

Les aménagements cyclables sont devenus à leur tour source de stress, comme pour Georges : « Depuis l’augmentation des pistes cyclables ou l’élargissement de celles-ci, il est devenu plus problématique de rouler en voiture à Lyon qu’à Saïgon. Certaines de ces voies sont constamment vides de vélos, d’autres viennent en plus de deux autres existantes. »

« On va bientôt devoir se téléporter ! », écrit Monique, qui déplore que Lyon soit « la reine des embouteillages avec des travaux qui durent des mois et des mois, des transports en commun très nettement insuffisants. Par ailleurs, la ville est victime, depuis les Verts, d’une suppression très importante de places de parking. » Sur l’insécurité parfois évoquée, Thierry remarque que, « en presqu’île, le soir, la ville est devenue dangereuse », énumérant « des petites agressions verbales, des lourdeurs pour les femmes seules et autres trafiquants vers la Fosse aux ours ».

Une situation géographique appréciée

Ces désagréments ne sont-ils pas les mêmes dans toutes les grandes villes de France ? Sandrine y voit « le propre des grandes métropoles : bouchons, densité de population, insécurité de certains quartiers… Avec cette particularité qu’a Lyon d’être sur l’autoroute des vacances. »

Nathalie ne trouve pas Lyon plus stressante qu’une autre ville : « En matière de transport, de sécurité, de calme, il y a eu beaucoup de travail fait. Remise de bancs en extérieur, aménagement en fleurs, en arbres, rénovation des places… » Nicole, elle, apprécie « sa situation géographique, l’ensoleillement meilleur que plus au nord. C’est une belle ville, pleine de quartiers différents, au grand patrimoine », ajoutant que « l’accès à la campagne est facile ».

La métropole la moins stressante de l’Est

Lenny trouve même que « Lyon est la métropole la moins stressante de l’Est. De nombreuses zones sont piétonnes, il y a de vastes centres commerciaux et, surtout, un accès à la culture et aux espaces verts incroyable ! » Alexandra, qui vit à Lyon depuis neuf ans, dit ne pas regretter son choix, goûtant « les avantages de la vie parisienne-francilienne sans les inconvénients : ville aérée, propre, moins bruyante, attractive sur l’aspect culturel, économique. Les habitants sont agréables et beaucoup moins speed et aigris que les Parisiens ».

Bien sûr, Farah aimerait « qu’il y ait un peu moins de monde, avoir un peu plus de tranquillité, mais je pense que je ne supporterais pas de vivre à la campagne. Tous les avantages de la ville (avoir tout à côté) me font accepter sans problème les inconvénients ! » Enfin, pour Delphine, c’est bien simple, « Lyon est la plus belle ville qui soit ! Balades, restos, shopping, ses monuments et ses quais… et la liste est longue encore. » Son message est accompagné de cœurs : de quoi faire chuter le stress pour de bon.